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                      vava
                      Aaliyah
                      groupe
                      La louve grogna lorsqu’il lui bondit dessus. Elle lui avait dit qu’il fallait qu’il parle. Et il n’avait pas voulu. Recracher ? Et comment ? Elle rit doucement. Presque nerveusement. Elle soupira. Est-ce qu’elle avait encore faire une bétise ? Elle respira et ferma les yeux peut-être. Elle ne sentait pas grand-chose, à part cette petite boule de magie dans son estomac. Elle sentait son odeur se calquer sur elle. C’était un peu bizarre. Il lui dit qu’elle pouvait partir. Qu’elle était libre, et pourtant il avait l’air tourmenté. Elle soupira.

                      Chez elle avaler un morceau de l’alpha c’était faire partie de sa meute. Elle n’avait senti aucun lien se créer en eux. Est-ce que c’était un bout de lui ? Ou pas. Pourquoi aurait-il eu une boule de magie en lui ? Elle soupira de nouveau. Peut importait. Si il avait un problème elle se récupérerait d’une manière ou d’une autre. Ce ne serait pas la première fois qu’elle enfoncerait sa main dans son corps pour récupérer un objet indésirable. Heureusement qu’elle n’était pas tellement douillette. Elle lâcha un gémissement d’aise et s’installa un peu mieux dans l’herbe.

                      Elle l’entendait rôder et s’agiter, pourtant au bout d’un moment, il s’assit en face d’elle, elle lui glissa un regard, il semblait méditer. Elle put alors l’observer mieux maintenant qu’il était moins couvert de saletés et d’immondice. Il était beau. Sauvage. Il n’y avait pas de doute à avoir c’était un loup. Ce qui l’interpelait le plus c’était ses yeux qui restaient du jaune loup. Elle soupira et l’observa. Il semblait vraiment concentré, elle se demanda ce qu’il se passait dans sa tête. Elle voyait les rayons du soleil sur son corps de combattant, séché ses cheveux mi-long. C’était la première fois qu’elle le voyait un temps soit peu apaisé. Elle se releva sur les coudes pour le regarder.

                      La louve brillait dans ses yeux, elle sentait la lune qui renforçait son influence. Elle soupira en sentant son estomac grondé. Elle s’affala de nouveau dans l’herbe. Il lui avait dit qu’elle était libre de faire ce qu’elle voulait. Et qu’il ne l’attaquerait pas. Pourquoi partir dans ce cas si elle ne risquait rien et pouvait chasser ? Elle ne voulait pas partir. Elle voulait sentir la chair se déchirer entre ses crocs, lle sang chaud coulé dans sa gorge. Elle eut un grognement et un frisson d’excitation. Non, elle ne passerait pas une pleine lune de plus enfermée à lutter contre ses instincts. A lutter contre ce qu’elle était, à sentir l’appel puissant et frustré de la mère lune qui l’appelait à la chasse, et lui intimait de tuer et déchirer, sans pouvoir le faire.

                      Elle soupira. De drôles d’images défilèrent devant ses yeux, de mauvais souvenirs certains de ses pleines lunes passées. Elle inspira à fond et se mit debout d’un bond. Elle le regarda il était encore concentré. Tant pis elle avait faim. Elle ne le dérangea pas et s’en alla tranquillement, dans un silence absolu vers ses affaires pour récupérer quelques morceaux de viande séché. Il devait avoir faim après avoir cicatriser d’une blessure aussi grosse. Elle se figea dans son mouvement. Mais qu’est-ce qu’elle foutait ? Elle ne le connaissait pas. Elle le traitait déjà comme un de sa meute. Elle secoua la tête et enfonça son poing avec violence dans l’arbre le plus proche. Elle s’enfonça presque jusqu’au coude.

                      La douleur fusa à une vitesse incroyable. Elle serra les dents et grogna. Elle devait remettre les pieds sur terre. Ce gars avait tenté de la tuer à peine quelques heures avant ça. Il l’avait insulter et traiter de chienne. Et il l’avait étrangler. Elle grogna en sortant son bras ensanglanté. Elle ne pouvait pas. Ne devait pas se laisser avoir. Elle ne devait pas penser qu’elle ne serait plus seule. Elle prit un morceau de viande dans la bouche, le mastiquant en retirant les morceaux de l’arbre qui étaient entrer dans sa peau et l’avaient entaillée. Elle commençait vraiment à perdre la raison. Elle continua son travail de minutie. Elle ne devait pas, ne pouvait pas imaginer ce qu’elle était en train de penser.

                      « T’es vraiment débile ma fille. Casse-toi de là, il veut te buter. »

                      Elle se parlait à elle-même, n’avait aucune envie de se faire de faux espoirs. De toute façon, il n’était pas comme elle, elle ne reconnaissait pas ce genre de loup là. Elle ne retrouverait personne comme elle. Elle grogna. Il fallait qu’elle se fasse à l’idée qu’elle était seule et le serait toujours. Elle gronda.

                      Idiote
                      Pauvre louve
                      Pleure
                      Tu es seule
                      Part
                      Fuis
                      Contrôle tes émotions.


                      Elle se frotta le visage pour tenter de se calmer, s’étalant du sang sur le visage sans vraiment y prêter attention. C’était toujours plus compliqué de se contrôler avant une pleine lune, elle n’avait pas eu à le faire pendant sa captivité, on avait même bloqué ses métamorphoses, ou exacerbé ses instincts. Aujourd’hui elle se retrouvait seule. Complètement seule et elle devait se contrôler. Ne pas se faire de mal. Elle n’avait jamais chasser sans sentir sa meute, sans les sentir avec elle, dans son coeur dans son estomac. Dans ses tripes. Elle grogna.

                      Elle inspira de l’air en grande goulée. Sa louve voulait sortir, mais ce n’était pas l’heure. Les feuilles filtraient toujours les rayons du soleil. Ce n’était pas l’heure. Elle courrait et chasserait, il n’avait pas l’air de vouloir courir avec elle, elle aurait juste à partir près ça. Être complètement seule et le savoir était tout de même moins douloureux que d’avoir l’impression de ne pas l’être. Elle mit quelques longues minutes à calmer son coeur et sa louve, elle attrapa des bouts de viande, et souffla une dernière fois.


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                      vava
                      Kajin
                      groupe
                      La magie était partout, autour de lui et en lui. Cela lui prit plusieurs minutes pour s’acclimater correctement. Ses sens, ses instincts s’ancraient et s’alignaient parfaitement. Le souffle naturel se calait sur sa respiration. Il allait sortir de sa médiation pour faire son kata lorsqu’il la sentit. Elle c’était éloignée. Projetant son pouvoir, il voulait voir. Difficile de comprendre pour les non-métamorphes. L’énergie naturelle et vitale d’un animal résonne au creux de l’espace. Elle avait l’air en détresse. Ce n’était pas son problème n’est-ce pas ? Après tout, elle était libre. Kaj… Tu promets de ne pas m’abandonner ? Le souvenir de sa sœur remonta. Ses yeux s’ouvrirent brutalement. Et merde. Il se releva vivement et prit une profonde inspiration. Pourquoi maintenant ? Elle n’était pas loin. Et il se mit à courir. La forêt n’était plus une ennemie. Ils n’étaient plus deux forces contraires, mais une seule et même volonté. Il courait comme un Loup. Chaque mouvement était fluide, les branches, ronces et autres n’était qu’une route qui lui permettait d’accélérer. Il pressa le pas.

                      Alors qu’il arrivait, il ralentit son allure. Fronçant les sourcils, il prit la mesure de la situation. Elle c’était blessée et paraissait triste. Profondément triste. La solitude. Il ne l’avait pas senti partir en soit, pas lors de sa méditation. Cependant, ils étaient deux loups. Il avait senti son appel. Sans un mot, il s’approcha. Que pouvait-il bien dire ? Bon sang. Pourquoi. Pourquoi toujours cela ? Cette même sensation. Tout en la regardant, il s’approcha et s’abaissait près d’elle. Il attrapa doucement son bras pour observer sa main. Elle avait déjà cicatrisé. Quelques copaux de bois étaient restés dans la chair lors de la cicatrisation. Sans un mot, il portait le haut de sa main à sa bouche et mordu doucement. Éliminant les copaux restants. C’était particulier. Et cela avait une symbolique particulière chez eux. Il faisait ça, comme il l’avait fait à sa sœur lorsqu’elle se blessait. Il déversa un peu de pouvoir sur sa plaie pour qu’elle cicatrise plus vite. Pourquoi faisait-il ça ? Il ne disait rien. Se contentant d’agir. Il la jaugea légèrement, mais elle ne semblait pas vouloir retirer sa main. Une fois son travail fini, il lui rendit sa main. Sa bouche était entourée d’un peu de son sang à elle.  

                      Il attrapa un bout de viande sans un mot non plus et l’avala. Il paraissait plus ancré, plus animal. Son pouvoir irradiait avec plus d’intensité. La Pleine Lune et son influence, cumulée à ses instincts retrouvés, il lui porta un regard étrange. Chaud et intense. Fronçant les sourcils, il se contenta de mâcher sa viande en chassant toutes ces pensées. Bientôt, il se transformerait. Elle ne risquait rien, mais elle verrait. Combien de temps cela faisait-il ? Il tiqua. Le souvenir de sa sœur. Étais ce parce qu’il avait changé de monde ? Etais-ce une nouvelle simulation ? Il savait ce que ça faisait tout simplement. Cette solitude profonde. Contrairement à elle, il ne l’était pas seul. Le prix était seulement trop dur à payer. Restant profondément silencieux et un minimum fermé, il s’éloigna d’un ou deux pas et commença son kata. C’était le seul moyen pour qu’il se concentre ailleurs.

                      Il se mit en position et entama sa danse. Des mouvements lents, vibrants. Basé sur sa respiration et son positionnement corporel. Il poussait son corps et son esprit à se relâcher pour être en osmose. Son pouvoir vibrait dans ses mouvements. Avec le temps, il avait appris à communier de plusieurs manières et cela faisait partit de son entraînement militarisé. C’était un moyen pour lui de s’acclimater. Mouvement lent mais spécifique, souplesse et vitalité. Il bougea sur le rythme naturel qui l’entourait. Semblant saisir l’essence de la magie, de l’humidité environnante, se jouant de la lumière dispersée çà et là. Osmose et symbiose. Durant de longues minutes, il fit ses mouvements. L’art du Spuknoze. Arme en action. Mouvement perpétuel. Puissance et souplesse. Son énergie, son pouvoir et sa nature propre paraissaient vibrer d’une énergie particulière. Dans un dernier mouvement, il relâcha sa respiration et se détendit ses bras s’approchant dans l’inhalation et repartant jusqu’à finir tendu alors qu’il vidait ses poumons. Se retournant vers elle, il regardait s’il restait la viande. S’approcha et mangea un nouveau morceau.  

                      « Tu es plus calme ? Quoi ? J’avais faim. Et même s’il y a assez de viandes dans les environs, je ne veux pas forcément me salir tout de suite. » Il soupira, mais mâchouilla le bout de viande avant de l’avaler. « Tu as trop de questions et sinon, ce n’est pas parce que tu es libre que tu dois t’emprisonner Louve. Je n’en ai peut-être pas l’air, tout du moins pas comme toi. Mais je reste ce que je suis. » Il n’aimait pas spécifiquement s’étaler sur sa nature, ça lui faisait replonger dans ses souvenirs. Et bien que ses émotions soient désincarnées et que son esprit soit brisé, il n’en demeurait pas moins sensible au sien. Surtout après avoir vu tout ce qu’il avait vu. Et de toute façon, lorsqu’elle verrait Sa Bête, il savait ce qu’il en était. Après tout REVOK avait parfaitement fait son travail. Il était dans cette dissension perpétuelle. Le pouvoir qui sommeillant en lui, hérité de sa lignée, tout aussi bien que Sa Bête et l’homme. Tout cela se heurtait sans cesse et il avait fini par apprendre à danser dans cette lutte perpétuelle. Dans la finalité, ça lui emportait peu, et même s’il ne voulait pas l’admettre, il se soucierait toujours des Loups. Plus que n’importe qui ou n’importe quoi d’autres. C’était plus qu’un besoin. Et c’était en cela que c’était aussi douloureux. Il n’en demeurait pas moins une arme. Simplement, il était Alpha. Il était protecteur de meute. Les humains ne comprenaient pas. On ne pouvait échapper à ce que l’on était.


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                      vava
                      Aaliyah
                      groupe
                      La louve le sentit, l’entendit, il s’approcha, sans un mot. Il avait l’air un peu contrarié, elle ne comprenait pas. Et puis il lui attrapa la main et posa sa bouche sur ses plaies, il récupéra les bouts de bois qui s’étaient enfoncé dans sa chair. Il l’entailla avec ses dents, elle grimaça, mais sa peau s’était déjà refermé au-dessus des projectiles. Elle le regarda, sans broncher, nettoyer ses blessures. C’était tellement étrange de le voir comme ça. Il cherchait à la protéger dans un sens. Elle le regardait, ne prêtait pas tellement attention à ce qu’il faisait, plutôt à lui en général. C’est à cet instant qu’elle se dit qu’elle était contente que Greed n’ait pas le même odorat qu’elle. Il aurait senti son odeur sur elle après tout ça, et elle lui avait fait promettre de ne pas porter l’odeur d’une autre quand ils se verraient. Elle eut un rire nerveux lorsqu’il releva la tête.

                      Il portait une trace de son sang autour de sa bouche. Et il se servit en nourriture. Elle leva un sourcil, mais ne broncha pas. Elle n’était pas un rapace sur sa nourriture, enfin pas pour ceux qui avaient faim. Elle savait ce que ça faisait d’avoir faim. Vraiment faim et puis elle allait pouvoir se nourrir cette nuit. Elle ne broncha pas. Pas du tout même. Et puis il se mit à danser. Enfin à danser… Elle s’assit sur son rocher pour l’observer en grignotant la viande salé. Elle n’avait jamais vu ça.

                      Elle connaissait des arts martiaux, son père l’avait même inscrite à la gym pour l’assouplir, lui apprendre, taekwondo et karaté, elle avait toujours pratiquée ce genre d’entraînement. Mais cette fois ça ne ressemblait à rien qu’elle connaissait. Peut-être un mélange étrange entre du Taekwondo et de la boxe thaï… Quoique pas vraiment. Son visage était balayé d’énergie pure, il ressemblait à un danseur. Un danseur sacrément dangereux. Et sexy. Elle se mit une gifle mentale pour étouffer ses pensées. Si son corps se mettait à réagir il le sentirait. Elle devait resté calme. En plus ça n’avait aucun sens. Elle le regarda, elle appréciait ce spectacle. C’était beau. Et flippant. S’il lui en collait une elle allait décoller.

                      Ce fut long, et pendant tout ce temps elle épuisait doucement mais sûrement son stock de nourriture. Elle n’allait plus avoir grand-chose pour le trajet du retour… En plus… Est-ce qu’il allait venir avec elle ? Elle effaça ces pensées. Est-ce qu’il voudrait même quitter cet endroit ? C’était beau, et il n’avait pas l’air d’avoir envie de voir d’autres gens. Elle se mordilla la lèvre en réfléchissant, fixant le ciel donc la couleur passait par de jolis ton orangés et rose tandis que le soleil entamait sa danse. Elle frissonna. Bientôt. Elle ne remarqua pas qu’il avait arrêter avant qu’il pioche dans sa réserve de nourriture. Elle grogna par réflexe, se reprit rapidement.

                      Il lui parlait de manière beaucoup plus décontractée. Elle leva un sourcil c’était presque étonnant. Elle avait sentit sa douleur lorsqu’il avait enfoncer son bras dans son ventre, mais depuis, il semblait bercé d’une forme de calme. Comme si son loup se réveillait, se synchronisait mieux sans cette foutue pierre. Elle rit lorsqu’il lui dit qu’il ne voulait pas se salir.

                      « Ouais tu ne veux pas te salir… Mais je t’en prie sert-toi voyons. Et je ne m’emprisonne pas. Chez moi on appelle ça le contrôle, l’équilibre... »

                      Elle sauta de son rocher et lui tendit le reste de la viande qui lui restait, gardant précieusement les chips et pommes qui lui restaient pour le lendemain. Ils n’auraient peut-être pas faim, mais ce n’était pas tant le soucis. Il n’avait aucun contrôle en temps normal et elle doutait que les Akers réagissent très bien à une loup-garou qui faisait des sortes de Katas.

                      « C’est marrant. Depuis que tu as virer ce truc de ton ventre, tu te comportes, et tu sens beaucoup plus comme un loup. »

                      Elle s’approcha, le reniflant un peu. C’était vrai. Son odeur était moins confuse, c’était assez abstrait. Et il disait vrai. Il était un loup. Un alpha. Les instincts qu’elle avait de protéger les siens, il les avait aussi, ce n’était pas étonnant qu’il l’ait soigné. Peut-être impromptu au vu de leur première rencontre, mais pas si incohérent. Pas autant en tout cas que son comportement en premier lieux.

                      La louve leva le nez en l’air et sembla écouter quelques choses. Ce qu’elle écoutait ? Le chant de la lune qui parlait à son coeur, qui excitait ses sens, et qui lui donnait envie de déchirer les chairs, de courir et de voler entre les fourrés. Cette nature n’était pas habituelle, les animaux qui y vivaient non plus, mais la chasse restait la chasse.

                      « Tu l’entends aussi pas vrai ? Le chant de la lune. Aller viens on va se trouver un endroit pour muter. Ce n’est pas encore l’heure… Mais bientôt. »

                      Elle rangea de nouveau ses affaires avec plus d’empressement tendit que la nuit s’installait et que ses yeux s’accoutumaient. Elle partit en marchant. Elle sentait sa louve qui battait en son sein au même rythme que son cœur contre ses tempe. Elle s’attendait naturellement à ce qu’il la suive. Ils marchèrent, pendant presque une heure, elle garda le silence, elle écoutait la nature, s’effaçait, se fondait, déambulait entre les feuillages, elle était chez elle. Plus animale qu’humaine. Et leur marche se fit jusqu’à ce qu’elle tombe à genoux, au milieu d’une clairière illuminée par la lune. Elle gronda.

                      Son corps se tendit. Une vague de douleur la traversa. Elle haletait, elle sentit le soulagement se mêler à la douleur la plus violente qu’un corps pouvait connaître. Celle de tous les os qui se brisent, en des milliers de points, se distendre, s’élargir et se reconstituer sous ses tendons et muscles, qui se déchirent, s’allongent changent de place. Cette douleur des muscles qui se contractent tous, de sa face qui s’allonge dans d’horribles craquements impossibles, sa peau qui, à vif se recouvrent d’une épaisse fourrure, des griffes qui percent la peau, les grognements ni humains ni loup. Le corps engourdi après une douleur d’une quinzaine de longues minutes, un repos court avant de s’ébrouer.

                      La louve lève le museau hume l’air, s’ébroue, se débarrassant des derniers picotements de la transformation. Le chant doux et l’appel suffoquant de la chasse. Elle hurle, chant mélodieux, elle appelait les sien, plus comme une invocation, un besoin. L’appel de la nature à la nature profonde. Elle hurle, et chante pour la lune, pour prévenir la forêt. Elle était là. Elle allait chasser, traquer, tuer violenté. Et ça n’avait rien d’anormal. C’était ce qu’elle était. Instincts et violences, besoin de sang. Besoin de se repaître des chairs sanguinolentes et chaudes.

                      Elle part, fusée sous la lumière, éclair blanc dans les fourrées sans même prendre la peine de vérifier que l’autre allait bien. La métamorphose est quelques chose de personnel, et même si elle mutait sous ses yeux, même s’il la regardait, ou qu’elle le regardait ce n’était jamais un moment agréable à passer, et la chasse l’appelait. Il la rejoindrait. Elle le sentait.


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                      vava
                      Kajin
                      groupe
                      Il laisse renifler et prendre ses marques un minimum. Il ne note pas pour autant ce qu’elle dit. Après tout, aucune importance. La nuit était proche. Le chant de la Lune. Il l’entendait. Il le ressentait. Son calme était apparent. Et Sa Bête devenait si avide qu’il pouvait le sentir dans ses muscles. Son corps se figea une seconde avant de la suivre. Elle comprendrait. Elle ne risquait rien. Cherchait-il à se rassurer ? Possible. Elle l’avait avalée. Peu importe les réactions ça devait aller. Il ne voulait plus. Après tout, si c’était si différent, s’il était vraiment ailleurs et pas chez REVOK alors il y avait une petite chance. Ce n’était pas de l’espoir. Plus une pensée désincarnée, un soupir las de l’âme. Il suivait la Louve. Et au fil du temps, il sentait de plus en plus Sa Bête. Elle le fixait, ils se fixaient, elle et lui au creux de cet espace leurs appartenant. Elle savait qu’il n’aurait pas le choix et lui aussi savait. Combien de fois ? Combien de fois avait eu lieu cet échange silencieux ? Il ne les comptait plus.

                      Plus ils avançaient et plus la folie remontait. À chaque pas en avant, il sentait la Lune. Souriante le guidant vers sa véritable nature. Vers ce qu’il était, l’acceptant dans son étreinte bienveillante. Il ignorait si son sourire était narquois ou léger. Quoiqu’il en soit, c’était toujours la même chose. La clairière apparut devant eux et il resta légèrement en arrière. Son calme commençait à se fracturer. Comme une façade qui commence à avoir des petits éclats, qui craque sous le poids de quelque chose. Il la sentit muter. Sa respiration s’accéléra et il se mit à transpirer. Son bras vint saisir le tronc d’un arbre. Des vertiges le prennent. Il ne faut pas. Il ne veut pas. La Lune est pourtant trop forte, son appel est si délicieux. Oui…Laisse-moi. Laisse-moi tout dévorer encore une fois. Tu ne peux pas lutter. Sa main fait craquer le bois. Il ne sait plus ce qu’elle fait. Est-elle déjà partie ? Il le faut. Cesse de te cacher, montre-moi ta colère. Montre-moi ta haine. Sa Bête lui sourit presque.

                      Les souvenirs remontent doucement. Une mélopée guidée par la Lune, par ses instincts. Une mélodie qui l’emporte loin, très loin. Il voit sa petite sœur se faire démembrer. Il sent la thermolance découpée sa chair. Il sent les siens. Tous ceux à qui il a dévoré le cœur. Un cœur pour mille. Un cœur pour une meute. La haine remonte, la colère, la rage. Il hurle au creux de la forêt. Son calme vole en éclats et il tombe à genoux. Son pouvoir explose en une gerbe éclaboussant tous les environs. Les animaux alentours se figent et le sentent. Lui. Sa Bête. Il hurle de nouveau. Son regard doré devient pleinement animal. Son cœur se met à rougir, entouré par un halo étrange. À chaque battement, son pouvoir grandit. Sa peau se déchire. C’est ça, donnes moi encore. Laisse-moi tuer. Son cœur se met à battre plus fort, plus vite. Sa vitalité et son pouvoir le déchirent lentement. Ce n’est plus un hurlement cette fois, mais un grondement. Fort, guttural.

                      Ses os, sa chair se tordent. Il gagne en masse et en volume. Il gronde. Il n’est plus humain. Il n’est plus calme. Sa conscience s’enferme dans ce torrent de rage, de haine. Et son pouvoir grandit. Du sang et d’autres liquides s’épandent sur le sol. Sa haine et sa soif de sang se dispersent tout autour de lui. Et la douleur est terrible. Les derniers vestiges de l’homme s’évaporent. Ne laissant plus que la masse noire et monstrueuse. Deux points dorés dans la nuit. Il grogne. La Bête gronde. Dans une dernière gerbe de pouvoir, il achève sa transformation. Alors que la Bête se relève, son ombre se disperse dans la plaine. Loup qui n’en est pas un. Il se tient sur ses pattes arrière. Ses babines retroussées, il gronde. Un filet de bave coule de sa gueule. Montagne de muscle et de masse noire sous le clair de la Lune. Son museau renifle. Les yeux dorés sont striés de rouge sang. Il LA sent. Alors il se met en chasse. Une Louve. Une Louve. Une Louve. Cours. Cours de toutes forces.

                      Ses pattes donnent l’impulsion, malgré la masse, il se déplace en silence, courant entre les racines et les troncs. Sa soif de sang fait fuir les animaux environnants. Il est concentré sur sa trace. Il la voit, éclair blanc fusant entre les arbres. Son mouvement se fige et la masse noire s’élance, rapidement de manière vive. Sa patte, armée de larges griffes affûtées comme des rasoirs fusent dans l’air vers elle. Et lorsqu’elles arrivent à son niveau à pleine vitesse, un arc électrique rouge se forme. Il gronde force met semble retenu par une main invisible. Un grognement fou sort de sa gueule. Ses deux pattes tentent de la griffer et à chaque fois elles sont repoussées. La frustration est palpable, elle exulte de lui. De Sa Bête comme des courants d’air brûlant. Son pouvoir est l'avidité. Sa Bête est tellement avide que l’air autour d’eux semblent plus lourd. Elle frappe encore et encore, toujours repoussée par cette main invisible. Brusquement, elle saute, s’élève à quelques mètres et cisaille quelque chose. Deux morceaux tombent sur le sol avec elle. L’animal ressemble à un aigle avec quatre pattes des ailes sur les flancs. Il ne la dévore pas. La Bête, hurle, rage et tape de la patte. Sa bave coulant de sa gueule. Son regard fixé sur la Louve blanche devant lui. Le grondement qu’elle pousse est horrible. Remplis d’une haine sauvage et sans fond. Un puits noir qui emporte tout. Elle semble vouloir tout tuer, tout détruire pour ne rien laisser.

                      Une masse noire de plus de deux mètres fichés sur ses pattes arrière. Les griffes tranchantes comme des rasoirs. Sa gueule semblait pouvoir déchirée les énormes troncs qui les entourent. Le regard doré brûlant de haine et de rage. Ce n’est pas un Loup. C’est une bête transformée. Alimentée par la magie, alimentée par tout ce qui lui ont fait. Un cœur pour mille. Une vie pour une meute. Elle sent qu’il n’est pas seul. Le pouvoir de plusieurs loups est concentré dans cette Bête Noire. Elle vibre de trop, de trop de vitalité, trop de haine et de rancœur. Son pouvoir est dense. Trop dense. Il grogne contre elle. Elle se fige, lutte un peu et avance sa gueule. « Toi. Donne-moi toi. » Son guttural qui est bestial. Son regard lui dit. Laisse-moi te dévorer Louve. Je veux ton cœur.


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                      vava
                      Aaliyah
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                      La louve fusait, courait, humait, chantait. Elle exaltait de toutes ces sensations dont elle avait été privée depuis si longtemps. Elle se tapissait, traquait une sorte de petit lapin qui avait une couleur presque électrique, il semblait briller dans le noir. Elle s’en désintéressa en voyant qu’il était en fait… Électrique. Elle reniflait. Elle ne reconnaissait rien, mais les loups sont curieux, et elle ne faisait pas exception. Elle voulait tout sentir tout voir, goûter. Elle renifla une fleur qui brillait et éternua en avalant du pollen. Pas intéressant, il lui fallait de la chair. Alors elle calma sa respiration et écouta le silence. Il y avait de gros animaux ici.

                      Alors elle se mit en traque, elle repéra une odeur, une femelle. Elle sentait comme si elle avait mis bas depuis longtemps. Alors elle se mit en traque, en chasse, elle la trouva vite. Elle resta un peu sceptique. La bête qui se dressait devant elle n’avait pas de petits avec elle. Mais elle portait une drôle de couleur, de drôle de motifs. C’était une sorte de biche avec de grands bois, une longue queue touffue. Elle pencha la tête sur le côté, elle s’était mise dans le sens contraire du vent, pour ne pas se faire réperer, elle avait, sentit cette odeur, elle en avait l’eau à la bouche, et pourtant, elle jugeait la situation.

                      Elle était seule, et cette créature avait des bois menaçants. Elle broutait, donc c’était un herbivore, mais c’était une femelle avec des bois. Elle n’avait pas vu de petits, donc son bébé était sevré, elle avait pu perpétuer l’espèce, une proie parfaite en soit, mais c’était dangereux de chasser ce genre de proie seule. Elle resta là, silencieuse, fourrure de mort, attentive et calme. Elle voulait cette créature dans son estomac. Le calme dont elle faisait preuve tranchait radicalement avec l’excitation que cette chasse provoquait chez elle. Pourtant, alors que le vent ne changea pas de sens la créature leva la tête, l’attention entière de la louve était portée sur elle, elle ne sentit pas le courant de mort qui l’approchait. La créature la sentit avant elle. Cette bête. Et elle partit en détallant.

                      La louve se redressa. Qu’est-ce qui avait pu… C’est alors qu’elle le sentit, elle ne l’entendit pas, mais ton son corps se tendit, elle le sentait, là. Pas loin, il l’observait, la traquait. La chasseresse chassée. Elle se retourna assez vite pour le voir fondre sur elle. Une arc électrique d’un rouge vif perça ses iris, elle gémit et fit un bond en arrière, bien plus agile que ses cent kilos et quelques le laissaient présager.

                      La bête qui se dressait devant elle n’était en rien comparable à ce qu’elle connaissait. Rien à voir. Elle n’avait vu cette forme que sur des alphas qui puisaient dans leur meute pour protéger les siens. Et pourtant… Oh pourtant il était là, face à elle. Debout sur ses pattes arrières, les griffes les crocs sortis. Elle bondit de nouveau lorsqu’il l’attaqua, mais ce n’était pas nécessaire, les attaque étaient sans arrêt arrêter, répercutée.

                      Il bouillonnait, comme si… Non. Il voulait la tuer. Mais il n’était pas un loup. Il n’était pas un loup du tout. Pourquoi ne pouvait-il pas la toucher ? Qu’est-ce que c’était… Elle avait applatit ses oreilles en arrière et grondait, prête à lui rendre la monnaie de sa pièce. C’était cette foutue pierre qui la protégeait. Il avait tenter de la prévenir. De lui dire, il n’était pas comme elle. Qu’avaient-ils faits… Pour briser ce loup de cette manière, il continua encore et encore, elle s’assit pour l’observer. Elle renifla l’air. Il n’était pas un loup et il n’était pas seul. Les âmes de ceux qu’on l’avait forcer à tuer l’accompagnaient. Il tua une sorte de griffon, mais ne s’en nourrit pas.

                      Il n’était que haine, et violence. Il n’avait rien d’un loup, il n’était même plus des instincts, il était une machine au service de ceux qui lui avaient fait ça. Un loup pour les dominer tous. Elle ne savait pas quoi faire. Et si cette sorte de barrière qui l’empêchait de lui faire du mal cédait ? Elle allait mourir. Elle se mit un peu à paniquer, se releva nerveusement, sur ses gardes.

                      Tue
                      Dechiquète
                      Protège
                      Hurle
                      Vandalise son corps.




                      Elle fit taire cette voix dans sa tête. Elle leva la tête en l’air, s’assit, et se mit à hurler. Pas un hurlement qui appelait à la chasse. C’était de ceux qui prévenaient, qui réconfortaient. De ceux qui chantent aux tympans et fascinent les humains depuis des millénaires. Elle chantait pour lui, elle chantait de tristesse de tous ses frères, toutes ses sœurs qui avaient perdus la vie sous les crocs et les griffes du monstre créé pour servir le besoins cupides des humains. Elle pleurait pour lui, pour ce qu’il avait perdu, et ce qu’il avait dû prendre. Elle pleurait pour ce qu’il avait vécu et ce qu’il avait imposer. Pour la fille qui ne verrait plus jamais la neige et le loup qui ne chasserait plus. Elle était et serait seule à pleurer ce qui ne serait plus jamais. Elle pleurait pour elle, ce qu’elle avait perdu, ce qu’elle avait pris, et ce qu’elle avait voler. Elle chantait pour la lune. Supplique mélodique pour la mère lune. Elle chantait pour les âmes silencieuses qui hantaient le loup.

                      Elle se releva, elle le regarda, la louve alla s’écraser contre lui. Présence de ce qu’elle était. La louve, l’équilibre, la douceur, la fureur, la traque et le sommeil. Elle s’approcha de lui, avec une lenteur mesurée les yeux bas, tandis qu’elle l’enveloppait, le touchait, le berçait. La mère lune pouvait être cruelle, mais jamais assez pour ne pas pardonner, et jamais assez pour enfermer ses enfants. Elle s’approcha assez pour frotter son museau contre lui. Elle ferma les yeux. La scène pouvait être déconcertante, la bête grognait, il voulait la tuer. Il devait la tuer. C’était ce qu’il était. Ce qu’on avait fait de lui. Mais elle ne pouvait pas accepter ce fait. Elle en était incapable. Il ne pouvait pas, ne devait pas être juste une bête, assoifée de sang, assoifée du sang des siens. Elle ne pouvait pas concevoir qu’il soit seulement son ennemi. Un loup tue, un loup chasse, cette réalité ne devait pas être violence pour le loup.


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                      Kajin
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                      La Bête était grondante, si avide, si féroce. Les éclats de Lune lui donnaient une allure plus sombre encore. Elle tournait autour, prête à bondir et tuer à la moindre occasion. Vibrante d’une multitude qui occupait son âme. La masse noire penche légèrement la tête lorsque les premières notes émergent de la louve blanche. Hurlement dans le vent, murmure de ceux perdus. Tristesse et supplique. Au creux, des bois, sous la Lune exaltée se déroulait cette scène particulière. Blanc contre Noir. Noir contre Blanc. Elle se mise en entonner le plus beau des champs pour un loup. Une mélodie qui enserre le cœur et caresse l’âme. Qui touche l’animal et le fait vibré. La Bête grognait, secouait la tête comme sonnée. Ses griffes fendaient l’air. Il se débattait. Sa mâchoire claquait devant lui. Il luttait. Secouait sa gueule. Et peu à peu, l’horreur le frappait. Sa Bête. Lui. Et tous. Un cœur pour mille. Une vie pour tous.

                      Il les avait tous tués. Dévorés. Les souvenirs remontaient lentement, enserrant son âme et le faisant partir loin. Plus loin, qu’il n’avait jamais été. Sombrant plus encore dans les ténèbres. La tristesse, la haine, la rage devenant plus que cela. Son esprit se fractura doucement. Plongeant au creux de cette vie. Il se souvient petit, son père lui donnant cette arme trop grande pour ses mains. Son père le fixant, et lui ordonnant de protéger sa sœur. Il se souvint, la fixant alors que les chaînes d’argent étiraient le corps frêle de sa sœur. Ils l’avaient forcé à regarder. Ils lui avaient montré. Il se souvint des traits figés sur son visage alors que son corps se déchirait. Son regard. Ce regard figé à jamais sur son visage. Il n’avait protégé personne. Ils les avaient tous tués. Oui. C’était ce qu’il était. Monstre parmi les monstres. La Bête luttait, cherchant à ne plus entendre, ne plus voir. Elle grondait se débattait dans le vide alors que le chant l’enveloppait.

                      Son voyage dans ses souvenirs continuait. Il sentit ses griffes plongées dans la chair maternelle. Le sourire bienveillant de sa mère alors qu’il lui ôtait la vie. Assez. Pitié. Une supplique au creux de ce voyage insensée. De cette folie encensée. Pourtant, cela continuait. Encore et encore. Les images et les sons se répercutant. Et plus elle chantait, plus il sombrait. C’était une chute infinie au creux de ténèbres denses. Dévoré par sa propre faim. Dévoré par sa propre avidité. La gueule de la Bête se secouait. Ses griffes continuaient à fendre le vent. Se battant contre des cauchemars, contre des choses lointaines et qui pourtant continuaient de le tourmenter sans cesse. Il la sentit se projeter contre lui, cherchant à dévorer ses ténèbres pour lui offrir l’équilibre. Le Bête se stoppa au gré de son combat contre l’invisible. Se figeant pour fixer un point au loin. Regard voilé, danse de l’esprit face à la supplique d’une louve bercée par la Lune. Il ne sentit pas son geste. L’homme et la Bête luttant l’un contre l’autre dans cette chute vertigineuse.

                      Son esprit céda. Elle ne pouvait imaginer. Pouvait voir l’horreur encore imprimée en lui. Elle pouvait savoir ce qu’il en était. L’homme ne pouvait plus. Il n’en pouvait tellement plus. Le poids de ses propres crimes, le poids de ses souvenirs et le poids de ses souffrances. Il se remettait entièrement à sa Bête. Il lui donnait tout. Détruis le monde pour moi. Fais-moi oublier. Fais-moi disparaître. Il ne craignait plus la mort. Il craignait la vie. Les derniers souvenirs le percutèrent, pas lui. Mais sa Bête. Privation de sommeil. Les coups de thermolances permanent et les camps. Le voile sur le regard doré disparut doucement. Elle secoua la gueule comme sortant de la torpeur. L’espace d’une seconde, elle resta là figée. La Nature retenait son souffle, la Lune brillait sur eux comme pour ne rien manquer de cet étrange échange à la fois silencieux et à la fois tellement sonore.

                      La déchirure de son esprit fut si brutale que son pouvoir exulta en une vague puissante. Cela résonna autour d’eux. Emplissant les alentours, rendant l’air lourd. Faisant craquer le bois, la nature hurlant dans le silence. Lorsque le regard de la Bête se posa sur elle, il n’y avait plus de Loup, plus d’Homme. Ce n’était qu’une douleur enveloppée de rage. La rage était tellement vive qu’elle semblait presque consumer ce sur quoi le doré de ses iris se posaient. La Bête hurla, un hurlement fou. Se répercutant dans la nuit. La Lune semblait presque pleurer de voir son enfant ainsi. Tout comme la louve blanche devant lui. Cela dit, il n’était plus conscient. Ses deux pattes s’abattirent sur la force invisible que la protégeait. Il forçait hurlant pour se donner plus de rage. Une gerbe d’étincelles rouge, suivie de plusieurs arcs électriques commencèrent à sauter autour de l’endroit où ses griffes forçaient le passage. Les éclairs rouges qui éclataient alors qu’il forçait, venaient saisir sa chair dans des zébrures cramoisies. La chair et la fourrure autour de ses griffes commencèrent à se désagréger alors que ses griffes pénétraient doucement le bouclier invisible qui l’entourait. Il continuait de grogner, toute sa force était concentrée sur ses griffes jointes en un même point cherchant à écarter cette force qui l’empêchait d’agir. Son poids, sa haine et sa rage. Et puis il y eut une déflagration qui repoussa la masse noire.  

                      Le temps se figea étrangement. Le Loup Noir était maintenant à un mètre d’elle, la Bête se débattait contre quelque chose, gigotant de manière maladroite. Elle continuait de grogner. Pourtant, elle paraissait brusquement peureuse. Son pouvoir s’était figé. On aurait presque dit que quelqu’un ou quelque chose avait brusquement appuyé sur un interrupteur. Un halo rouge circulaire commença à apparaître autour du cou massif du loup. Il tournoyait et vibrait de manière lugubre annonçant quelque chose d’horrible. Ses pattes plongèrent vers son cou, ses griffes entaillant sa propre chaire. Il cherchait à enlever cette chose qui vibrait de plus en plus. Elle s’affolait. L’air se mit à vibrer et bientôt l’espace autour d’eux baignait dans une lumière vive se déversant comme une éclaboussure rouge vif. La Bête commença à se débattre violemment, cherchant par tous les moyens à s’enlever ce collier. Elle se souleva alors que des arcs de magie se formaient autour de son cou. Les mouvements erratiques de ses pattes sur son cou blessèrent sa chair au point de le faire abondamment saigner. Ses pattes arrière ne touchaient plus le sol et balayaient l’air nerveusement. La masse noire était à présent suspendue dans les airs, luttant. Toute colère avait disparu. Elle savait ce qui allait se produire.

                      Alors que le mouvement circulaire produit par cet étrange collier rouge arriva à son maximum. La décharge fut violente et intense. Une décharge magique à haute densité qui fit crépiter la chair et évaporé le sang dans une odeur de brûlé assez vive. La lumière fut visible loin autour d’eux alors que la décharge courait de partout sur lui. Il hurla dans un cri déchirant la nuit, il hurla alors que toute sa nature n’était réduite qu’à ça. Qu’à un instrument. Il ne serait plus jamais un Loup. Il était une Bête. Et tout cessa. Le calme revenu de manière si vive que le silence sembla s’enfermer sur eux. La Bête retomba mollement sur le sol dans une position étrange. Son cou fumait doucement et les traces de la brûlure étaient profondes. Sa gueule était ouverte, sa langue pendante. Il respirait doucement. Ses yeux étaient voilés par l’inconscience. Il n’y avait plus de fureur, plus de haine. Il était inerte, couché sur le sol. Quelques soubresauts de magie encore présents. Peu à peu sa masse diminua légèrement, le rendant moins dense en termes de volume. Il paraissait affaibli, aux portes de la mort. Dans un dernier sursaut, dans un dernier murmure, son esprit fit vibrer l’air une dernière fois. Voilà ce que je suis, voilà ce que je serais et à jamais je ne pourrais poser la main sur ce qui LEUR appartient…


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                      Aaliyah
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                      La louve dont la naïveté n’avait d’égal que sa compassion en ce instant fut surprise par l’agressivité soudaine dont fut preuve la bête. Soudaine n’était pas le terme en fin de compte elle n’avait pas été des plus aimables jusqu’à présent. Ses doigts, Ses griffes, ses énormes pattes qui s’enfonçaient dans cette protection invisible et incohérente qu’il lui avait fournis. Elle gémit. Il continuait, forçait, son sang fusait, lorsqu’elle fit un pas en avant, il sembla changer de cible. Il s’attaqua à lui même, elle resta béate. Se détestait-il à ce point ? Lorsque ses chairs furent déchirer par sa propre nature, par sa propre haine, elle s’approcha doucement, lorsque sa haine sa colère et son refus se déchaînaient..

                      Cette fois, elle fit un bon en arrière, lorsqu’un large cercle rouge apparut, et se resserra avec une violence absolu autour de la gorge de Kajin. Elle avait oublier ce détail. Il n’était pas que la bête. Il était Kajin. Elle gronda. La colère laissa place à quelques chose de pire, quelques chose de dangereux, la peur. Qu’est-ce que c’était que cette merde ? La panique prit possession de son adversaire. Lorsqu’elle comprit, elle bondit. Les traces qui ornaient sa gorge. Son collier n’avait rien de matériel. Il haïssait donc la magie pour… Ça. Elle bondit en avant, mais trop lentement, de long filaments rouges, imatériels et pourtant si visibles, si palpables glissèrent le long de son être, rongèrent son corps, il se mit à hurler de douleur, lorsqu’une odeur de chair brûlée montait au narines de la louve.

                      Elle gronda. Les fils qui dansaient sur le corps de la bête, la faisant gronder. Elle était la louve, mais la louve avait été humaine, elle savait ce qu’il se passait quand on touchait quelqu’un qui se prenait une décharge. Elle ne put que se mettre à rôder autour de lui, lorsque son corps était tendu, les crocs dégoulinants de bave, grondant, grognant, son attention entièrement focalisée sur l’horreur rouge qui ornait le cou du loup. Il semblait rétrécir, elle sentit, entendit, il s’affaiblissait, son coeur peinait, il s’effondra, le silence revînt aussi vite qu’il avait été brisé. L’homme, la bête, le loup. Il était inerte, sur le sol, le cou fumant.

                      Lorsqu’il toucha la sol, se pattes décollèrent et elle se retrouva au-dessus de lui. Paradoxal lorsqu’il avait tenter de la tuer ? Elle s’en fichait. Il était comme elle, plus ou moins. Elle jappa, presque désespérée. Il sentait le brûlé, il sentait la mort. La louve leva le nez vers la lune les yeux plein d’espoirs vers la mère lune. Il ne pouvait pas mourir, pas en cette si belle nuit. Elle ne pouvait pas abandonné un fils qui avait déjà tant souffert une nuit de plénitude aussi douce que celle-là. C’était étrange, elle n’avait jamais été aussi effrayée, jamais aussi perdue, et perplexe. Elle avait faillit mourir, déchirée entre les crocs d’un des siens, mais il était un des SIENS.

                      Elle ne pouvait pas juste le laisser la mourir, elle lui laissa le museau, elle gronda, elle entendait son coeur faible. Elle sentait, elle percevait mais ne pouvait pas l’accepter. Pourquoi lui aurait-on mis un collier pareil… ? Qui faisait ça ? Qui pouvait… Briser le sauvage le faire plier. Il était solide comme le chêne et souple comme le roseau. Il devait plier au gré du vent pas se briser sous le bulldozer. Elle gronda, grogna, gémit, chanta pendant quelques minutes. Il fallait qu’elle le fasse muter… L’humaine était écrasée, complêtement, impuissante, la louve, les instincts, la protection, la survis. Elle se jetait contre lui pour le faire réagir mais rien n’y faisait. Elle hurla une dernière fois et fit ce qu’elle n’aurait jamais dû essayer de faire.

                      Le cris qui suivit fut un cris de douleur, lorsque tout son corps refusait ce qu’elle allait faire. Elle sentit sa colonne vertébrale se tordre, encore, encore, encore. Plus. Il fallait que ça passe, la nature, hurlait, s’insurgeait, elle était une louve, la lune veillait à ce qu’elle soit ce qu’elle devait être quand elle le devait, et en cet instant c’était la louve qui hurlait pour lutter. Se débattre de ce voile qui enserrait son coeur, de ce poids qui écrasait ses os. Elle gémissait, criait.

                      Elle était une louve garou, elle était habituée à muter avait l’habitude, elle savait cette douleur, elle avait eu les os brisés, encore et encore, mais cette fois, oh cette fois, son corps lui fit payer son affront d’une manière qu’elle n’avait jamais expérimenté, la lenteur, la douleur… Son dos se tordit, encore, doucement, reprit sa forme, elle dû recommencer. Et si elle restait bloquée…. ? Elle ne pouvait pas le regarder mourir. Elle hurla de douleur, son épaule se déboîta, encore, encore, plus. Ses doigts, ses os qui déchiraient sa peau, qui ne voulait pas suivre le mouvement, ce fut sanglant, d’une manière qu’elle n’avait jamais expérimentée, Sa peau se déchira se os saillirent d’un rouge macabre. Jamais, elle n’était pas autorisée à faire ce qu’elle faisait, pourtant, après ce qui lui parut… Plusieurs heures de souffrance, de cris, de larmes et de peur de rester bloquée entre deux formes, elle se retrouva à quatre pattes sur le sol, couverte de son propre sang, de sueur. Ses cheveux collaient à sa peau son corps était tendu, ses yeux brillaient au coeur de la nuit d’un bleu emplis d’une douleur. Elle éructa, toussa et cracha une gerbe de sang. Elle rampa presque jusqu’à l’énorme bête qui gisait au sol.

                      Il devait guérir, il devait respirer. Elle posa son oreille sur son torse, incapable d’entendre, les bourdonnements dans ses oreilles la diminuaient, elle tendit son coeur. Il était là, faible. Il ne fallait pas faire de massage cardiaque sans arrêt du coeur. Elle grogna. Il devait guérir. Pourquoi est-ce qu’ils auraient tenter de neutraliser leur propre arme ? Est-ce que c’était normal qu’il soit aussi faible ? Elle grogna, elle ne pouvait pas prendre le risque de le perdre. Il était brisé, mais il était comme elle. Et elle protégeait ce qui était à elle. Elle lui attrapa le museau, il respirait avec difficulté.

                      Il avait eu l’air dans un sale état lorsqu’il avait retirer ce qu’elle avait avalé.. Est-ce que c’était à cause de ça que l’horrible collier lui avait fait autant de mal ? Elle ne voyait pas comment le lui rendre… Et si elle lui rendait et qu’il se réveillait, elle allait mourir. Elle gronda. Elle leva les yeux vers le ciel.

                      « Je sais, je vais payer plus tard. »

                      Lâcha-t-elle en direction de la lune. La mère lune était juste, elle était la mère, elle était la protection et la chaleur de la meute, mais elle était juste et impartiale. La louve tendit la main devant elle, toujours faible, toujours brisée, lorsque son corps lui hurlait qu’elle devait muté, aller chasser, courir, son esprit était intraitable, ses griffes percèrent sa peau, elle inspira une grande goulée d’air. Et à son image elle enfonça avec une violence inouï son bras entre ses côtes. Juste sous le plexus. La douleur l’assaillit, mais ce n’était rien, par rapport à ce qui se passerait si elle le perdait, lorsqu’elle sentait presque à l’odeur la vie quitter son corps. Plus jamais, une larme roula sur sa joue et alla s’écraser sur la peau hypersensible de sa cuisse lorsqu’elle déplaça sa main à l’intérieur de son abdomen. Un putain de caillou. Elle ne devait pas avoir grand-chose là dedans qui avait la consistance d’un caillou. Elle sentait sa tête devenir lourde. De longues minutes où la sueur s’écoulait sur son corps poisseux, elle palissait, faiblissait. Mais où était cette…

                      Comment ? Comment était-t-elle aller se loger près de son coeur, incrustée dans sa chair. Elle dû arracher la pierre qui pulsait. Elle la sentait, elle pulsait dans sa main. Enfin elle put sortir son bras, vomissant une gerbe de sang au passage. Le monde tournait autour d’elle. Elle se glissa, avec une lourdeur, et une maladresse qui ne pouvaient être feintes jusqu’à le créature, s’appuyant sur lui, elle enfonça la pierre dans sa bouche jusqu’au fond, jusqu’à sa gorge, et ferma sa bouche, massant le dessous de son museau pour l’obliger à déglutir. Elle se releva un peu.

                      « Mute. »

                      Sa voix était faible, mais elle devait le faire redevenir humain. Elle se releva un peu plus, ferma les yeux un instant. Elle sentit la louve en elle, qui grognait, gémissait se débattait, se projetait contre les parois de la cage que formait son esprit. Elle la laissa sortir, la laissa s’écraser contre le loup, l’envelopper, le couvrir de sa présence, lorsqu’elle devait lutter contre la douleur et la fatigue.

                      Une voix profonde, douce, et calme, d’une autorité qui n’admettait aucune faille, presque basse sortit de sa gorge.

                      « Mute Loup. Mute et Vie. »



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