HOPE Noire

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vava
Sa-Tia'Fir^Tum
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Cette fois, c’était une bonne journée. Je le sentais depuis que je m’étais levé. Une Tisseuse sent toujours quand une journée va être bonne. Vous savez comment ? En regardant si le premier mot prononcé est une injure ou un soulagement. Et je n’avais pas encore dit un seul Gwa-tbe (mot sale). C’était donc une journée calme et sans problème qui s’annonçait à moi...

Puis j’ouvris les yeux :
- Blyat (Chiasse)

Comme pour m’indiquer que, non, les astres n’était pas prêt à me laisser vivre une journée tranquille pour une fois, je glissai sur un vêtement sale qui traînait par terre en sortant de mon lit. Puis l’anse du mug que j’utilisai pour boire mon café matinal se brisa. Enfin, je reçus une mission de la part du quartier général. Il avait le don pour me contacter quand j’étais le moins disponible. Mais bon, je devais faire mes preuves pour monter dans les rangs et quitter ce maudit statut de simple recrue. Je demandai à Hur-Dur, mon assistante numérique de me lire l’énoncé pendant que je me lavais les dents :
- Ce matin, une voiture a été retrouvée abandonnée au milieu d’un petit lotissement. Elle manque ses roues, ses plaques d’immatriculation et il n’y a aucune trace d’un potentiel propriétaire. L’intérieur de la voiture est recouvert de sang, mais les analyses indiquent qu’il s’agirait de sang de porc. HOPE a décidé d’envoyer un agent et une recrue pour enquêter sur ce cas. Tu as donc été retenue et convoquée. Je t’envoie l’adresse où tu dois te rendre.
- Et concernant l’agent ? De qui il s’agit cette fois-ci ?
- Information indisponible.

Je haussai les épaules. J’allais bientôt le rencontrer en personne, donc ça ne changeait pas grand-chose. Je résumais mentalement l’affaire que l’on m’avait confiée. Une enquête. Et pas des plus simples. La simple présentation que l’on m’avait fournie levait une foule de questions qui allait nécessiter une grande attention de ma part. Je m’habillai donc de ma tenue de travail habituelle, ne prenant avec moi que ma sacoche de bille de métal. Pour une enquête de ce style, je n’avais pas besoin de sortir l’artillerie lourde. Dans le pire des cas, je pouvais quand même compter sur l’agent qui allait me servir de collègue le temps de cette mission et qui allait sûrement avoir de bonne capacité de se défendre, si tant est que la situation dégénérait.

Je quittai enfin mes quartiers. Le chemin pour me rendre au point de rendez-vous allait me prendre une bonne demi-heure à réaliser. J’arrivais pourtant la première, car, à part moi, je ne voyais que de simple officier sans distinction. Je ne voulais pas entrer sur la scène de crime sans mon partenaire, donc je l’attendais devant, cherchant du regard une personne suffisamment suspecte pour être mon collègue.
vava
Nashar
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HOPE Noire

Nashar & cie




Qu’as-tu à faire ce matin, Nashar ?


Pas grand-chose.


Le sang du bleuté s’arrêta de circuler lorsqu’il se rendit compte de l’énormité de la faute qu’il venait de commettre. Assis à son bureau, il venait de terminer le dernier rapport de mission qu’une louve aurait dû remplir elle-même s’il n’avait pas perdu un pari stupide contre elle. Il lui manquait encore sa dizaine de rapports  à lui, et il pourrait enfin aller se reposer après la nuit blanche qu’il venait de passer. C’est pour cela qu’il n’avait répondu “Pas grand-chose”.

Oh… Je vois…


“Pas grand-chose” dans le sens où il avait suffisamment travaillé et qu’il avait besoin de repos. N’importe qui l’aurait compris ainsi, en voyant la tonne de document en train de se faire numériser sur son bureau. Mais celui qui parlait à Nashar n’était pas n’importe qui.

JE ME TUE À ASSURER À HOPE ET AUX PASSENGERS UN QUOTIDIEN OÙ ILS SONT EN SÉCURITÉS ET MONSIEUR ! MONSIEUR N’A “Pas grand-chose” À FAIRE !!!!!!!


C’était la pire imitation que l’Agent Supérieur Mortik avait faite de Nashar jusque là. Comprenant son erreur, le bleuté pensa à se rattraper, mais il abandonna vite. Depuis un “malheureux” incident impliquant ses filles et son lit, suivi d’une confrontation devant des officiels et enfin, une vraie confrontation, Mortik ne pouvait pas supporter celui qui était autrefois son protégé. Certes, il lui avait proposé d’épouser une de ces filles pour venger leurs honneurs, mais devant les refus de toutes les parties, son arrangement s’était mué en haine viscérale pour le bleuté.

EH BIEN ÉCOUTE, POURRITURE DE FION IMBERBE ! Y EN A QUI BOSSE ICI ! ALORS TU VAS ME FAIRE LE PLAISIR DE FOUTRE LE CAMP AUX RÉSIDENCES ! JE TE COLLE UNE MISSION ! MAINTENANT, DÉGAGE AVANT QUE JE TE COLLE AUTRE CHOSE AU CUL !


Sans doute à cause de l’issu de leur dernier combat, Nashar tenait Mortik en respect. Assez pour ne pas répliquer. Surtout qu’il devait se faire discret aux yeux de HOPE. Après tout, il était en repérage pour conquérir le vaisseau-monde, il ne pouvait pas tuer un Agent Supérieur sans risquer de mettre son plan en péril. Il acquiesça donc, non sans afficher son mécontentement, puis laissa son supérieur partir, satisfait.

ET TU ME FERAS MON PUTAIN DE CAFÉ EN PARTANT ! “Pas grand-chose” JE T’EN FOUTERAI MOI DES “Pas grand-chose” !



***



Quatre heures plus tard, Nashar se réveillait de sa sieste improvisée dans son HOPEber, appartenant à la compagnie du même nom qui faisait office de taxi. Il avait fait exprès de demander le plus de détours possible, afin de pouvoir se reposer. Ça ne valait pas ses onze heures de sommeil impérial, mais l’Empereur ne voulait pas le payer d’une énième punition de Mortik. Le vieillard musclé serait capable de l’envoyer une nouvelle fois à Val, l’endroit le plus pourri de l’univers.

C’est donc avec… Du retard que le bleuté arriva sur son lieu de travail du jour. Il avait consulté l’ordre et les détails de la mission et cherchait maintenant des yeux la recrue qui devait l'accompagner. Il espérait ne pas trop l’avoir fait attendre, car le moindre quack mettrait Mortik en colère. Quoique de toute façon, c’était lui qui écrirait le rapport de mission. Ouais, donc en faite, il n’espérait rien.

Une fine pluie se déclencha lorsqu’il vit la voiture décrite dans les détails de la mission. Non loin, une femme aux vêtements atypique. Des mois sur HOPE ont permis à Nashar de savoir que toutes les personnes qui différaient un tant soit peu des standards vestimentaires des Passengers étaient des Recrues ou des Agents étrangers à HOPE. Il se dirigea donc vers elle pour découvrir… Une sublime demoiselle. Il s’empressa alors de créer un parapluie de glace, dont la toile était une couche de givre fine et flexible. Le peu de lumière la traversant créa immédiatement des reflets multicolores qui balayèrent les deux membres de l’organisation.

Vous êtes la recrue ? Je suis l’Agent Nashar, ravi de vous rencontrer.





Dernière édition par Nashar le Dim 16 Déc 2018 - 22:25, édité 1 fois
vava
Sa-Tia'Fir^Tum
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En temps normal, patienter, même plus d’une heure, l’arrivée de l’argent qui allait me superviser n’aurait pas été un si gros problème, si ça n’avait pas été pour la soudaine pluie. Loin d’un déluge, elle n’en était pas moins suffisante pour tremper quiconque jusqu’à l’os en quelques minutes à peine. Heureusement pour moi, ma maîtrise de la Raison était assez bonne pour contrôler les gouttes qui allaient me toucher pour les envoyer dans une autre direction et rester au sec, dans un sens. Même si je comprenais les raisons derrière la mise en place d’un climat artificiel pour préserver l’esprit et le mental des habitants de la station, je ne pouvais pas m’empêcher de trouver un tel système un peu absurde et ennuyeux. Surtout que le temps était grossièrement le même dans l’intégralité de la station. Il aurait été plus intéressant et utile de créer divers biomes partout dans HOPE. D’abord pour le plaisir de voir la diversité, ensuite, car cela aurait permis de diversifier les boutiques de vêtements. Eh bien oui : plus de climat égale des besoins d’adaptation diversifiés, ce qui nécessite plus de choix pour répondre à ces besoins. Amenant finalement à plus de profit. Mais je devais bien constater que j’étais peut-être la seule personne à me préoccuper de ce genre de problème.

Après bien plus d’attente que ce à quoi je m’étais attendue, un homme finit par se présenter à moi. Il le fit d’une manière qu’il devait trouver charmante, en plaçant un parapluie au-dessus de ma tête pour me protéger de l’averse. Action ironique quand on sait que je n’étais absolument pas mouillée à ce moment-là. Je devais tout de même reconnaître que son en-tout-cas était particulièrement joli. D’une texture cristalline, la toile diffractait en une myriade de couleur lorsque la lumière passait au travers. C’était tel que je ne pouvais que supposer que le parapluie était en réalité fait de cristal – ou au moins de glace – ce qui soulevait plusieurs questions, dont une très simple : qui serait assez idiot pour acheter et utiliser un parapluie de glace ? Je savais bien que la station était remplie de gens excentriques aux manières inhabituelles, mais c’était à un tout autre niveau. Je préférai ne pas faire de remarque désobligeante, peut-être cet agent venait d’un monde ou utiliser un parapluie en glace était la norme.
- Enchanté de vous rencontrer, je suis Sa-tia’Fir^Tum, me présentai-je, mais vous pouvez m’appeler Satia, ça sera plus simple à prononcer pour vous. Et si nous nous occupions de cette affaire maintenant ?

Sans attendre de répondre, je lui tournai le dos pour me diriger vers la scène du crime. Je fus finalement accosté par l’agent chargé de surveiller la scène le temps que nous arrivions :
- Vous voilà enfin, c’est pas trop tôt... bon, mieux vaut tard que jamais, dit-on. La plupart des faits vous ont été fournis : la voiture a été retrouvée dans la matinée par un habitant de ce lotissement, l’intérieur est couvert de sang de porc, plus de pneu, plus de plaque d’immatriculation, pas de papier pour identifier le numéro de série de la voiture. On a pas grand-chose sur quoi travailler, mais si on vous a envoyé, c’est que vous êtes assez compétent pour résoudre ce mystère. Si jamais vous avez des questions, j’essayerai de vous aider.

Je le remerciai, ignorant ses réponses passive-agressive, avant de me tourner vers la scène du “crime” pour chercher quoi que ce fut qui aurait échapper à l’enquête préliminaire. Je commençai par me rapprocher de la voiture pour y jeter un coup d’œil. Je voulais vérifier que tout était conforme à ce qui avait été observer. Je ne remarquai qu’un seul détail : la boite à gant du côté passager n’était pas couverte de sang comme le reste du tableau de bord. J’utilisai mes capacités pour l’ouvrir sans le toucher, avant de confirmer ce que je craignais par ce que je vis. L’intérieur de la boite à gant était bien couvert de sang de porc, sauf pour une forme rectangulaire à un endroit, me laissant penser qu’il y avait un objet ici qui avait été retiré. Si la boite à gant était ouverte quand le coupable peignait l’intérieur de l’auto, alors il comptait sûrement sur cet objet pour être retrouvé par l’équipe de l’enquête. Donc c’était un tiers qui avait dû le retirer entre l’abandon de la voiture et notre arrivée. Je retournai vers Nashar pour lui chuchoter :
- Je vais aller voir les alentours, pour vérifier s’il n’y a pas d’autre indice. De votre côté, vous feriez bien d’aller interroger la personne qui a découvert la voiture, pour voir s’il ne nous cache pas quelque chose.

Je lui indiquai aussi ce que j’avais vu à l’intérieur de la caisse avant de le laisser vaquer à ses occupations.
vava
Nashar
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HOPE Noir

Nashar & cie




Peuh’. L’entrée en matière du bleuté avait été ignoré. Cas cela ne tienne, il n’allait pas lâcher l’affaire si facilement. En temps normal, il se serait insurgé qu’une simple recrue ne lui prête pas l’attention demandé. Mais il savait que HOPE avait une hiérarchie bancale et qu’à l’heure actuelle, son statut d’Agent ne lui donnait pas les droits nécessaire pour s’occuper d’une insubordination.

Nashar laissa donc couler, chose qu’il avait appris à faire depuis son arrivée sur le vaisseau monde. À Valice, il ne serait jamais passé sur quoi que ce soit, autant dans sa carrière militaire qu’impériale. Une faute était une faute. Mais -pour l’instant -, il n’avait pas son mot à dire. Il soupira donc légèrement en suivant la recrue en silence.

Le bleuté écouta l’agent chargé de l’affaire d’une oreille discrète. Bien sûr, il entendait et enregistrait tout, mais il était plutôt occupé à se demander s’il dormirait sur son lit ou dans son bain. Dans son lit, il serait confortablement installé, mais dans son bain, il aurait la quiétude de l’eau pour l’accompagner. En plus, grâce à la technologie de HOPE, l’immense baignoire dans son appartement gardait en permanence la même température, sans que des servants n’aient besoin de la réapprovisionner en eau chaude, le réveillant au passage. Vivre à HOPE n’avait pas que des désavantages.

...j’essayerai de vous aider.


Ces mots mirent fin à la tirade de l’agent. Immédiatement, la recrue se dirigea vers la fameuse scène de crime. Nashar avait lu sommairement l’ordre de mission. Les explications de l’envoyé de HOPE sur les lieux lui permirent de mieux comprendre la situation, sans que cela ne le motive à trouver le coupable. Donnez-lui une nation à conquérir, une cible à abattre ou un animal à chasser, pas un vulgaire vandale. Quoique, cela pourrait être pris pour de la chasse à l’humain, une activité fort appréciable pour l’Empereur.

Satia interrompit les importantes considérations du bleuté. Elle prenait des initiatives. Pas mal pour une recrue. Elle lui conseilla aussi d’aller parler à la personne ayant découvert la voiture. Lui qui espérait quelque chose de moins fatiguant. Oubliant d’émettre ses réprobations habituelles sur le fait qu’une recrue lui donnait un ordre, il s'exécuta mollement. Il se planta devant un homme. Vieux et légèrement dégarni, il semblait fermement attendre Nashar.

C’est pas trop tôt ! J’ai plein de choses à faire moi !


Vu son âge, il devait sûrement parler de son feuilleton à la télé qu’il manquait. Il était du genre renfermé, on voyait clairement qu’il aurait aimé être ailleurs. Mais le bleuté ne releva pas. Il sortit sa HOPEWatch qui cracha un écran holographique devant lui, révélant les informations sur son interlocuteur. Informations qu’il s’empressa d’énumérer.

Oswald Jacobs. 78 ans, Veuf, deux enfants, pas de casier judiciaire.


Le vieillard ne confirma rien, se contentant de fixer Nashar de ses yeux usés.

Vous habitez en face de l’endroit où la voiture a été retrouvée.


Un peu ouais ! Ce lotissement, c’est le pire ! Je peux avoir la même sécurité dans les bas-fonds pour treize fois moins cher, ça je peux vous le dire ! Il était temps que des Agents se pointent, ça fera peur à ces p’tits vauriens de gamin qui passent leur temps à jouer sur le pas de ma porte ! Ils m’ont brisé une fenêtre une fois !


Nashar soupira. Il ne pensait pas cela possible, mais ce fameux Jacobs arrivait à le fatiguer encore plus. Il voulait en finir vite. Ce fut donc cette envie qui motiva son geste suivant. Libérant ses pulsions de prédateur, il les concentra sur le vieillard sans changeant quoique ce soit à son faciès. Il y avait assez de pression meurtrière pour faire peur à un petit lapin, pas de quoi en avoir une crise cardiaque donc. Jacobs recula en transpirant à grosse goutte.

Mais… P-Peut-être avez-vous d’autres questions…


L’Empereur cessa son intimidation avant que sa HOPEWatch ne passe en mode enregistrement.

Légalement, la vidéo que je vais prendre sera votre témoignage sur l’honneur. Qu’avez-vous vu ?


L’homme déglutit.

D-Des hommes des bas-fonds ! Ces vandales essayaient de voler les matériaux de la voiture ! Mais je les ai fait fuir ! Ils sont partis dans une HOPEmobile noire, neuve.


Encore les bas-fonds ? Certes, ce côté du vaisseau avait mauvaise presse, mais de là à les incriminer pour tout. Il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait d’une section bouc émissaire de HOPE. Chaque nation en avait une. Une région qui récoltait la haine de toutes les autres, à tort ou à raison, afin qu’ils puissent se mettre d’accord sur un sujet. Nashar retint tout de même les détails.

Et vous vous êtes approché de la voiture après cela ?


Non !


La réponse fut beaucoup trop rapide. Et… L’homme beaucoup trop peu sûr de lui, soudainement. Son visage parlait clairement pour lui.

Vous savez, mentir à un agent peut se révéler très pénalisant. Il-...


Je suis juste aller voir si la voiture ne fuyait pas ! L’huile aurait abîmé le sol !


Rapide. Et très arrangeant.

Et ?


La voiture ne fuyait pas.


Le bleuté haussa un sourcil.

Donc, une voiture abandonnée, des hommes essayant de la démonter, vous leur criez dessus, ils s’en vont, et vous allez simplement constater si la voiture fuit ? Pas de coup d’œil au travers des vitres ? Vous n’avez pas tenté d’ouvrir le coffre ?


Les yeux de l’homme plongèrent immédiatement vers le bas, poussant Nashar à se rapprocher du désormais suspect, assez pour qu’il sente son souffle froid sur sa peau flétri.

M.Jacobs.


D-Dans la boite à gant… Il y avait un carnet… J-Je vous le rapporte.


Bingo.


vava
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