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                      Le Jour et la Nuit

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                      vava
                      Rell
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                      Rell

                      "Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions."

                      Origine

                      Age

                      Sexe

                      Faction

                      Un inventé

                      29

                      M

                      Jewelers (Akerys)

                      HISTOIRE



                      Physique et Mental

                      S’il n’a pas non plus l’air d’un souriceau, Rell est loin d’être impressionnant. Avoisinant le mètre soixante-dix, il est dans les plus pures moyennes de taille de sa région d’origine, et pèse ce qui semble être une masse tout à fait raisonnable. En effet, il met un point d’honneur à rester en forme physique acceptable, sans pour autant chercher à avoir un corps d’athlète ou d’Apollon. Ce qui pourrait en revanche être marquant chez lui, seraient ses deux yeux d’un ambre clair pouvant paraître d’or, et ses si longs cheveux dressés proprement en queue-de-cheval un peu en arrière, tombant vers le bassin et abandonnant une partie de sa crinière pour cerner son visage en retombant mi-long. Cette coupe que l’on peut facilement distinguer est d’une couleur brun foncé naturelle, et brossée avec une régularité suffisante pour ne pas avoir l’air d’un clochard, bien que cela pourrait ne pas être suffisant pour un repas mondain.

                      En guise de vêtements, Rell reste très sobre, et privilégie des couleurs blanches, grises ou noires avec, au plus fou, quelques motifs abstraits avec des couleurs qui ne soient pas trop vives. Habituellement, il pense sa tenue selon là où il se trouve pour ne pas trop faire tâche dans le paysage, voire simplement éviter les regards indiscrets. C’est aussi pour cette raison que son équipement de combat (voir plus bas) n’est que rarement visible : les flasques et projectiles étant dissimulés dans sa tunique, et ses implants au bras ayant fait l’objet de nombreuses révisions pour n’être détectable qu’après un examen poussé s’ils sont repliés. De fait, seules ses lames courtes restent, en général, exposées au regard, bien que ne sont pas spécialement mises en avant. En parlant de ses bras, on peut par ailleurs toujours lire sa marque d’utilisateur de magie diplômé au bras gauche, pour peu qu’il retrousse sa manche. Outre cela, il ne porte pas d’accessoires particuliers et n’est pas tatoué, du moins pour le moment.

                      ---

                      L’alignement de votre personnage est Neutre - Neutre.


                      Neutre est l'alignement de ceux qui préfèrent rester à l'écart des questions morales et ne pas prendre parti, faisant ce qui leur semble le mieux à un moment donné.

                      Par la force de son expérience, Rell est avant tout devenu quelqu’un de prudent, et ce, sur bien des points. S’il n’est pas spécialement lâche ou couard, il n’a jamais réellement été lié par un honneur plus fort que sa fierté personnelle, et peut donc en arriver à considérer la fuite ou l’abandon comme des solutions en soi. La douleur, les blessures, la mort parfois, sont des sujets qu’il a appris à côtoyer pour en limiter la crainte, mais, et c’est surtout le cas pour le troisième, il part souvent du principe que les accepter ne signifie pas nécessairement de devoir les supporter, d’où un instinct de survie qui, parfois, pourrait suggérer un repli stratégique dénué de honte. La patience est alors une de ses grandes qualités, mais aussi un de ses plus gênants défauts. Il peut passer beaucoup de temps à étudier et réfléchir avant de passer à l’action et, s’il évite les actes impulsifs, l’urgence ne lui réussit pas toujours car, gérant très bien le stress, il pourrait parfois laisser traîner, passer et tenter en retard au lieu de saisir sa chance. Pour ainsi dire, il entre parfaitement dans la catégorie de ceux qui auraient compté les poissons du lac avant de s’y jeter, et c’est certainement un point fort, mais à la fois une des failles qu’il devrait le plus travailler à vaincre. C’est justement dans une tentative de compenser cette manie qu’il cherche souvent à anticiper au plus possible, se disant qu’en prévoyant, il limiterait ce temps dont il peut avoir besoin avant de se décider, mais encore une fois, il se laisse parfois aller un peu trop à l’extrême alors que c’est loin d’être nécessaire. Par ailleurs, s’il n’en est pas à s’exclure et jouer les ermites, il est tout de même de ceux qui préfèrent agir dans l’ombre sans se faire remarquer, en bien comme en mal, mais sans forcément le faire par mauvaise intention : il s’agit là plutôt d’un souci de ne pas attirer l’attention. Loin d’être un leader né, il possède un charisme en soi parfaitement standard, et une nette préférence de ne pas être au cœur des débats, même s’il s’agirait de récolter les lauriers pour un exploit qui lui serait en grande partie dû.

                      Son mode de raisonnement pourrait sûrement rentrer dans la définition d’une logique froide. Calculateur, ce qui est dans le prolongement de notre premier paragraphe, Rell est un analyste qui considère les chiffres avec plus d’importance que les mots, un pragmatisme qui lui aura valu de nombreuses félicitations dans sa carrière pré-Extinction, mais a aussi contribué à cette distance qu’il peut avoir avec certaines personnes. Qualifié parfois de cruel, ou au moins de quelqu’un qui manque d’empathie, il a plusieurs fois été décrit comme ayant un trouble à considérer les gens et leurs émotions, certains disant qu’il s’agit d’un égoïsme de sa part, et d’autres le décrivant comme une difficulté inhérente à son caractère et moins responsable. Dans les faits, les deux points semblent correspondre à leur manière, puisque d’un côté, Rell reste très humain, ce qui implique aussi son penchant vers ses propres intérêts, qu’il sait défendre et mettre en avant, peu désireux de se laisser piétiner et loin d’être assez généreux pour tout sacrifier au profit des autres. Et d’autre part, il n’est pas pour autant pas défini par son orgueil, et finalement, garde un esprit moral et responsable suffisamment conscient pour savoir quand s’arrêterait sa liberté de prendre. Cela dit, il n’en est pas moins maladroit dans sa conception des autres et des relations sociales, une caractéristique bien due à son passé qui ne l’a que peu poussé à vouloir comprendre autrui, à l’exception en soi des enquêtes auprès de la police, ce qui, dans ce cas, ne va probablement pas dans le bon sens. Quelquefois, il lui arrive de se poser des questions sur ses méthodes de réflexion, et alors, son raisonnement logique peut vaciller en faveur d’une approche plus nuancée, mais dans le fond, il reste encore trop pragmatique et cartésien pour oublier les chiffres qu’il peut voir en chaque problème et chaque rencontre.

                      Quelque chose en Rell depuis l’enfance n’a peut-être pas vraiment grandi. Si l’on peut qualifier ceci de curiosité, c’est cette fascination qu’il aurait pour les choses qu’il ne connaît ou surtout ne comprend pas. Les formes abstraites, les vieilleries qui ne parlent à personne, les langages cryptés, ce qui est caché, et surtout lorsqu’il paraît inatteignable, que ce soit à cause d’un interdit ou d’une incapacité, possède un charme indescriptible, une attraction poussée par un caractère mystérieux, étranger, inconnu. Les énigmes ne demandent qu’à être résolues, et les mystères sont des questions qui ne sont toujours qu’un voyage pour en trouver la réponse. Loin d’être naïf pour autant, il est incapable de rester de marbre lorsqu’une chose complexe et incompréhensible se présente à lui, quelque chose qui ne demande qu’à être ouverte, en soi, même s’il pourrait s’agir d’une boîte de Pandore. C’est peut-être son côté prudent alors, qui a dû le préserver de courir à sa perte à cause de son engouement pour le mystère et le mystique, mais après tout, à chacun ses passions. Il peut être tout aussi intriguant de se demander si ce qui l’intéresse ne pourrait parfois pas être plus la question et son contexte, que la réponse en elle-même… De la même manière, il haït fondamentalement les études théoriques, et préfère de loin la pratique, lorsque des expériences ou observations de terrain permettent de rencontrer la chose sous un angle bien plus séducteur que des lignes de discours et d’équations. Inutile de dire alors qu’une découverte dans les règles de l’art pourrait bien avoir de quoi enivrer Rell au point d’oublier un peu de ses précautions habituelles, et aller un peu plus de l’avant, malgré la présence de variables inconnues. Ce n’est peut-être pas directement le même trait de caractère, mais l’on peut finir ce paragraphe en ajoutant que le jeune homme est avec le temps devenu de plus en plus attaché à sa liberté. Au compte-goutte depuis sa rencontre avec Maro, il a retrouvé de sa liberté d’agir qu’il avait perdu depuis son enlèvement, et il est difficile pour un homme d’action avec une tendance pour la curiosité de bien vouloir remettre ses chaînes après avoir pu sortir de sa cage, si la métaphore est suffisamment parlante.

                      À titre de détail, bien que cela semble davantage relever de l’anecdotique, Rell est quelqu’un qui apprécie le calme. Ce n’est cependant pas un calme au sens de routine, puisqu’une telle notion lui paraîtrait plus abjecte qu’autre chose, mais plutôt un calme serein, ces instants de contemplation, ceux où l’on ne peut que songer et où tout perd son importance. En raison de ses origines, mais aussi du caractère infini et si méconnu des mers, le jeune homme est particulièrement attiré par les vastes étendues d’eau, lesquelles ont sur lui un effet de nostalgie et de fascination fort. Autre conséquence de sa culture, dans laquelle les entités divines du Soleil et de la Lune font plus l’objet d’une croyance universellement accepté que d’une foi zélée, Rell pourrait être presque considéré comme non-pratiquant aux yeux de la religion, et accorde difficilement beaucoup d’importance à ce genre d’idées. C’est justement pour cela qu’il est aisé de dire que sa dévotion de Chercheur de Soleil est assez contestable… Il aime à croire qu’il agit pour ses confrères, pour le monde, peut-être, cherchant plus à se convaincre lui-même que ses interlocuteurs, mais au fond, il agit aussi, et en grande partie, pour lui-même, le fait est qu’il n’y a pas de foi là-dedans, et indéniablement beaucoup d’intérêts personnels. Enfin, il peut être bon de préciser que s’il voit l’argent et les ressources matérielles comme un moyen d’atteindre ses objectifs, il tend à ne pas les interpréter comme des fins en soit, et s’avère assez peu matérialiste.

                      Pouvoirs et Capacités

                      Point sur la Magie de Rell :
                      Le fonctionnement de la magie du monde de Rell est majoritairement dépendant d’un principe de compréhension et d’écoles de pensées. Il existe de fait plusieurs types de réactions et d’effets que la magie peut enclencher, mais différents effets résultent de différents stades et mouvements du mana. Ces différents mouvements, alors, sont obtenus par une démarche de pensée de l’utilisateur, lequel doit avoir initialement une certaine compatibilité avec le mana soit dit en passant (ce qui est bien entendu le cas de Rell), pour une démarche pouvant être très différente d’une école à l’autre. Ainsi, les écoles ne sont pas incompatibles en théorie, mais les mettre en pratique demande un exercice mental parfois complètement différent de l’une à l’autre, d’où la nécessité des utilisateurs à se spécialiser dans leur apprentissage, puisque, s’il est tout à fait possible de connaître en plus d’un ou deux domaine(s) de prédilection les bases d’autres courants de pensée sans trop de difficultés, une connaissance parfaite de toutes ces écoles serait infaisable à l’échelle humaine, tant l’étude des notions les plus complexes d’un mouvement reviendrait à désapprendre celles des autres.

                      Dans la mise en pratique, l’action du mana est donc obtenue lorsqu’il y a, bien sûr, une présence de mana ambiant, chose estimée garantie sur un monde baigné de Soleil, comptant alors que l’aspect volatil du mana lui permet de pénétrer profondément les sols. La seconde condition est ensuite seulement la pensée de l’utilisateur, avec, pour certains sorts, quelques contraintes qui peuvent s’ajouter au cas par cas. Il est à noter que si Rell est à l’heure actuelle incapable par ses connaissances de créer une machine pouvant invoquer un sort donné, il possède les connaissances nécessaires à la confection de mana artificiel de qualité médiocre, mais suffisante à l’utilisation, ainsi qu’à la préparation de Sel à petite échelle (échelle d’un seul individu, aucune production de masse possible) et à la maintenance de son équipement.

                      A titre indicatif, les écoles de magie existantes, grossièrement soit sans détail, sont les suivantes : Minnal (manifestations de flammes et de foudres), Nisedhic (négation de magie, manifestation de froid), Katal (contrôle d’eaux et liquides, manifestations météorologiques), Okkumaram (altération du corps, animation de roches et métaux), Narakam (manifestations de magie noire), Niram (illusions en tous genres), Vali (magies de déplacement), Jivan (magies d’invocation et révocation), Kanvi (magies de soin et d’altération des chairs), Cuvar (invocation de boucliers et barrières), Rahasya (manifestations simples, pas de spécialisation, mais plus un ordre qualifiant ce qui est inclassable mais à la portée de tous).


                      De base, Rell est spécialisé dans l’utilisation de la Katal. Il peut donc s’en servir en concert avec des Élixirs et artifices liquides, mais aussi provoquer de la pluie, de la neige, de l’orage ou du brouillard comme le dissiper. Une autre utilisation de la Katal pour les combattants est alors ses effets sur le sang, un art martial qui repose essentiellement sur la capacité de l’utilisateur à blesser sa cible pour ensuite aggraver ses blessures, mais c’est un usage bien plus contraignant que l’on ne voit généralement qu’au cours d’échanges à l’arme blanche du fait de la difficulté à agir sur le sang sans hémorrhagie préalable. En guise de magies accessoires, Rell sait se servir des bases de Minnal en guise de sorts d’attaques à distance rudimentaires, mais a encore un potentiel de destruction assez basique, ainsi que la Cuvar pour se protéger, encore une fois, sans grands effets spectaculaires, ce n'est pour ces deux derniers qu’un usage élémentaire. Enfin, il est très friand de la Vali pour ses déplacements, que ce soit en guise de magie de voyage ou de mobilité durant un affrontement, et maîtrise normalement la Rahasya, donc la magie commune, à laquelle il a essentiellement recours pour des sorts de détection et repérage.

                      De manière plus situationnelle maintenant, il peut lui arriver à employer la Nisedhic comme moyen pour contrer d’autres formes de magie, l’Okkumaram pour protéger son corps des aléas d’environnements hostiles ou la Kanvi pour apporter les premiers secours à une personne blessée. Il ne lui est encore pas arrivé à employer la Narakam, la Niram ou la Jivan en dehors de petites expériences d’études. En somme, il s’agit là d’usages isolés témoignant d’une expérience et d’une maîtrise pratiquement inexistantes pour ces dernières écoles.

                      Rell n’est pas qu’un utilisateur de la magie cependant, son expérience personnelle l’ayant plutôt incité à rechercher une certaine polyvalence. Il a, en effet, quelques compétences au maniement d’armes particulières et s’est vu adepte d’un style mêlant l’adresse, la finesse et l’analyse pour un combat d’agilité et dextérité aux attaques flexibles, précises et létales. Il se bat alors souvent avec deux lames courtes qu’il porte dans le dos le long de la ceinture comme des petits sabres à une main, mais emploie aussi parfois quelques armes de jet dissimulées (couteaux) et artifices, qu’il s’agisse d’explosifs ou de liquides (inflammable, poison par exemple). Pour se protéger, il ne compte pas que sur l’utilisation de la Cuvar, qu’il emploie généralement simultanément avec un dispositif de bouclier, déployable et rétractable en un geste, caché dans son avant-bras gauche. Sur un principe assimilable à deux ombrelles, il s’agit d’une matière légère et résistante qui offre une protection fiable à un utilisateur seul lors de ses escarmouches. Enfin, son bras droit abrite lui aussi un mécanisme interne, bien que celui-ci ne déploie que des ouvertures de refroidissement sans pouvoir sortir réellement du membre, qui consiste en un réseau amplificateur qui aide à canaliser les magies offensives, très apprécié des combattants qui ont besoin d’un peu d’aide pour matérialiser proprement des sorts de Minnal.

                      IRL

                      Pseudo : Celui que vous préférez
                      Age : 20
                      Comment avez-vous connu le forum ? Des histoires par-ci, par-là. J’essaie de reprendre l’écriture, selon comment ça se passe je verrais si je reste, où et comment je reste, dans l’état actuel de ma vie tout reste encore assez incertain.
                      Vous êtes sur discord ? Oui
                      Accès à la zone +18 du forum ? Oui


                      Le Jour et la Nuit Ref111
                      vava
                      Rell
                      groupe


                      Petit résumé si quelqu'un n'a pas la motivation de tout lire mais veut quand même savoir de quoi il s'agit... :
                      Rell est né en l’an 1105 dans les Îles de Feu, sur une ville entièrement constituée… De navires.

                      Son enfance se passa d’abord sans accroc, il apprenait auprès de ses parents et dans une école sur un principe de 50-50.

                      Les Académies de magie de ce monde recherchent fréquemment des talents chez les enfants pour les emmener avec eux, de gré ou de force. Il avait 10 ans lorsque, par un malheureux hasard, il fut emmené.

                      Jusqu’à ses 18 ans, à peu près, il était contraint à des études intenses et constantes à Zlato, là où il fut emmené.

                      Il put ensuite participer à un programme d’apprentissage pour les deux années avant le passage du diplôme. Il intégra donc un corps de police aux côtés d’un certain Maro avec qui il aura des liens d’amitié fraternelle forts.

                      Il aura son diplôme vers 20 ans, mais sera envoyé vers la frontière Ouest où des tensions menaçaient de voir une éclater une guerre.

                      La situation réglée après 2 ans et demi, il put retourner à Zlato où il devait rejoindre la police à nouveau, mais Maro et bon nombre de ses anciens collègues avaient été tués lors d’une attaque étrange.

                      Les survivants et Rell menèrent l’enquête sans succès, se rendant compte qu’un sabotage par des plus hauts placés allait leur mener la vie dure.

                      À ses 26 ans, un évènement tragique et incompris fit disparaître le Soleil. Privé de magie et dans un contexte de crise économique et technologique, il fut viré de son poste sans avoir pu faire la lumière sur l’affaire qui le tracassait.

                      De retour aux Îles, il tente de se refaire une vie tant bien que mal.

                      Une malédiction étrange cause des mutations affreuses chez certains utilisateurs de magie et les pousse à perdre la raison, détruire et tuer.

                      Des tensions se font ressentir envers les anciens académistes. Sous la pression, Rell finit par rejoindre une communauté rassemblant des gens comme lui dans une quête semblant absurde pour retrouver le Soleil et la magie perdue.

                      Au bout de deux ans, les chercheurs trouvent une piste de solution, prouvant que tout n’est pas perdu, mais peu après, Rell disparaîtra de ce monde…



                      Il y a déjà trois ans, le Soleil avait disparu. Quatre jours d’abord, l’astre était figé au cœur du ciel, trônant comme un roi, refusant de daigner amorcer l’habituelle descente pour que vienne la nuit. C’est à peine lorsque les questions des mortels se mirent à se multiplier alors, qu’il chuta, plus vite qu’il ne l’eut jamais fait, et ce fut à la Lune de prendre le relais. D’abord, ce furent plusieurs cycles pendant lesquels la nuit ne laissait place qu’à la nuit, puis vinrent des semaines, qui devinrent des mois, qui s’assemblèrent en années. Jamais l’on ne revit celui que l’on avait surnommé Suryan. C’est ainsi que fut l’évènement que les érudits nommèrent l’Extinction, celui qui enclencha la tragédie à venir.



                      Nous sommes en l’an 1105, légèrement plus de onze siècles après la Grande Guerre de Zapal, celle qui secoua jadis les nations du monde entier. L’Ancien Royaume qui donna son nom à la guerre en était l’instigateur direct, prônant une expansion brutale et invasive avec des politiques belliqueuses et un engouement pour les sciences de la guerre et l’application du savoir dans des tactiques novatrices mais parfois déshumanisantes. Une menace grandissante qui aurait sans nul doute pu avaler le monde, si l’ombre qu’elle représentait n’avait pas affolé ses voisins au point de les pousser à une contre-attaque toute aussi féroce à l’unisson. Écrasé sous tous ses flancs, le royaume ne disparut pas sans occasionner de lourdes pertes, et aujourd’hui encore son impact est très mesurable. Hélas, les épopées guerrières ne sont pas au sujet de ce jour, aussi nous passerons les détails, pour cette fois.

                      Le cadre se situe alors au cœur d’un petit archipel situé sur la côte à l’extrême Nord-ouest du continent principal, fondamentalement seul continent du monde connu à ce jour. L’ensemble d’îles concerné est alors généralement nommé « Îles de Feu », en raison d’un volcanisme presque permanent sur toute son étendue, ce dernier ayant créé une flore tenace et vive à se disperser et se reconstituer, ainsi qu’une faune principalement amphibie et aviaire. Les populations, quant à elles, ont dû se tourner vers la mer, à l’instar de celles présentes dans d’autres régions similaires, bâtissant des villes sur l’eau. Une habitude qui fut alors ici poussée à l’extrême avec le temps, lorsque les peuples se mirent même à construire leurs bâtiments comme des embarcations en réponse aux éruptions parfois très violentes des volcans en amont, constituant donc de véritables flottes de navires de toutes tailles qui naviguent entre les îles et récifs, s’amarrant et repartant selon leurs besoins.

                      Originairement, les Îles de Feu étaient une des régions sous le contrôle direct de l’Ancien Royaume, bien qu’elles se situassent finalement dans la périphérie la plus éloignée du haut commandement. Elles jouaient un rôle stratégique, relativement important alors, en concours avec la péninsule de Velykkotvir, région plus au Sud : ces deux dernières étant de grands points d’accès vers les océans, plus à l’Ouest encore, elles pouvaient aussi mobiliser et abriter d’importantes flottes à la solde de Zapal. Lors de la chute de celui-ci, leur raison d’être stratégique était perdue, et après considération des environnements plutôt inhospitaliers qu’elles abritaient, particulièrement peu attrayant pour les populations qui n’y sont pas habituées, et c’est surtout le cas des Îles de Feu, couplés à des réserves en ressources pas particulièrement riches, les nations qui remportèrent la victoire renoncèrent à leur droit d’occupation et laissèrent ces étendues à l’abandon. Les quelques régions ainsi frappées par les escarmouches et batailles passées, puis délaissées, durent chacune s’organiser une forme de gouvernement. Certains eurent l’anarchie, qui dure alors encore aujourd’hui dans un chaos sans nom, et d’autres improvisèrent un système qui se développa plus ou moins avec les siècles.

                      Dans le cas des Îles de Feu, un système de caste fut d’abord promu par les locaux, semblant assez similaire à la hiérarchie qu’ils connurent auparavant pour être envisageable, puis à celui-ci fut ajouté une sorte d’oligarchie basée sur l’ancienneté et l’expérience, les flottes ayant alors tendance de fonctionner indépendamment, mais avec une notion de fraternité et d’union forte malgré tout. Par chance alors, le positionnement de l’archipel et les attaques sur l’Ancien Royaume ayant surtout été terrestres et depuis l’Est et le Sud, permirent aux flottes du Nord-Ouest d’être sorties de ces évènements avec des pertes plutôt faibles comparées au reste du monde, si l’on excepte les accords commerciaux et politiques qui furent forcés par les vainqueurs, mais faiblirent assez vite avec le manque d’intérêt qu’on leur porta. L’Après-guerre fut alors bien difficile au premier abord, lorsque la région fut abandonnée sans la moindre aide ni le moindre contrôle en dehors des efforts des locaux à rester un tant soit peu unis, jusqu’à ce que le monde connaisse un pic de croissance soudain avec l’arrivée d’une nouvelle source d’énergie sur l’échiquier des commerces et politiques : le Sel.

                      Si les toutes premières découvertes de cette matière fabuleuse remontent à des temps bien plus lointains, c’est seulement il y a un peu moins de huit siècles que les nations se rendirent compte des propriétés énergétiques démentielles du Sel, et se mirent à l’exploiter de bien des manières. Sur un rapport de quantité de ressource à la quantité et la qualité de l’énergie produite, le Sel est de loin le plus efficace, même en ajoutant le critère de rentabilité face aux moyens employés pour sa récolte. Comment l’obtient-on, d’ailleurs ? Le Sel est en vérité des cristaux formés naturellement dans des étendues d’eau, d’où le nom grossier qui lui était attribué en premier lieu. Le Sel simple n’a que peu de valeur, mais c’est sa faculté à contenir et stocker le mana, cette énergie invisible présente dans l’atmosphère et capable de manifester ce que l’on nomme « magie », avec une quantité d’énergie perdue insignifiante, qui en fait tout son intérêt. Dans sa forme courante lorsqu’il est employé, le Sel est alors placé en batteries de tailles moyennes ou grandes, ou en capsules de tailles bien plus petites, habituellement à peine plus grandes que des pouces.

                      La nouvelle ère portée par le Sel engendra alors un certain engouement pour les mers, et les régions qui disposaient ainsi de vastes territoires marins, comme les Îles de Feu, eurent vite fait de lancer l’extraction et l’exploitation de ce véritable or cristallin. Ainsi, l’archipel regagna d’abord un poids politique à l’international, ainsi qu’une forte valeur d’échange, et put vivre de concert avec les autres nations l’industrialisation qui était à venir pour les siècles qui suivirent, mais il regagna aussi, et surtout, le regard de ses voisins. Forçant alors des accords sous couverts de vieux traités poussiéreux que le temps avait oublié, ils grattèrent lentement sur les territoires et les propriétés des îles, qui s’avéraient vite impuissantes pour défendre leurs intérêts, devant abandonner la part du lion en préférant s’avancer modestement vers le futur plutôt que risquer de perdre davantage, ce qui suffisait cependant déjà pour suivre les autres nations sans être laissé de côté.

                      Les présentations faites, nous nous situons donc en l’an 1105, quelque part entre les Îles de Feu, au Nord-ouest de la carte et sur ce qui doit sûrement être la flotte la plus grande de la région, Sertse-Sudno. C’était le premier jour du troisième mois de l’année, au cœur de la saison froide, et les eaux étaient balayées de tempête. Un hôpital vers le centre de la ville marine accueillit au cours de cette nuit pas moins de cinq naissances. Selon les dires, le premier était le fils d’un ouvrier, qui mènerait plus tard une vie de citoyen honnête, et deviendrait professeur pour aider ses pairs. Le deuxième était la fille d’un médecin, qui suivrait de longues études, un voyage à l’étranger peut-être, pour devenir une des figures de la science pour les petits peuples des Îles de Feu. Le troisième, l’enfant d’un couple de marchands, se trouverait une passion pour les couleurs, et allait transcender l’art des peuples, souvent trop méconnus et ignorés, du Nord-ouest. La cinquième ne vivrait pas plus de deux jours, au malheur de ses parents, ce qui nous laisse le quatrième, dont le destin sera, semblerait-il, bien spécial.

                      Père était un loup de mer aguerri, qui avait sous ses ordres plusieurs navires, qu’ils soient civils, commerciaux ou militaires, chose qu’il avait hérité de son père à lui, un des doyens de la ville et membres éminents. Mère, elle, était une étrangère, qui venait d’un paysage assez similaire mais non-identique, plus au Sud et toujours à l’Ouest, l’île de Cuvann Caram. C’était une érudite qui voyageait beaucoup et, tombée amoureuse de l’archipel et de ses habitants, finit par sédentariser sa vie avec celui qu’elle considérait son âme sœur. C’était un foyer aimant pour Rell, qui était le fils unique du couple, ces derniers , qui ayant beaucoup de difficultés à en avoir davantage, finirent par s’y résoudre. Il passa les premières années auprès de sa mère et fréquenta une école en ville, sachant alors que la culture locale promouvait une éducation à mi-temps entre un établissement dit « public » et le foyer familial. Dès qu’il fut en âge de gambader sans trop de risques, il vécut davantage auprès de son père qu’il aimait beaucoup accompagner dans son quotidien, et, finalement, s’intéressait davantage aux adultes qu’aux autres enfants qu’il ne fréquentait que de manière limitée. Telle quelle, sa vie n’avait rien de véritablement extraordinaire, jusqu’à ce qu’elle prenne un premier tournant alors qu’il allait sur ses dix ans.

                      La magie de ce monde a longtemps été un mystère, source de peur et de questionnement. Il y a de cela des millénaires encore, ses utilisateurs étaient majoritairement dispersés, apprenaient de manière autodidacte ou auprès de rares maîtres. La magie était incomprise, peu utilisée, crainte souvent, et s’apparentait presque à des miracles. Plus récemment, les esprits commencèrent à s’ouvrir, et l’on voyait apparaître des talents, de grands noms qui prenaient plus de place dans l’échiquier du monde, mais restaient bien souvent en des positions presque ostracisées par les autres « castes », malgré les apports ou menaces qu’ils portaient pour les nations, jusqu’à ce que l’une d’entre elle ne décide de faire un pas en avant. Ce fut l’Ancien Royaume, qui décréta subitement une mise en avant des utilisateurs et la formation d’études érudites sur la question, de recherche et développement, et surtout, de corps armés. La Grande Guerre alors, pour n’en retenir que le dénouement, conduit de force chaque peuple à reconnaître la magie comme une chose hors de l’ombre et, sous la pression et l’accélération des évènements, les gouvernements instaurèrent maintes règles et institutions, lesquelles se succédant, atteignirent la forme académique qu’on leur reconnaît aujourd’hui, de grandes écoles militaires et officielles imposant, dictant les lois et dogmes qui régiraient les utilisations futures de cet art occulte.

                      Beaucoup mirent en place des corps de recherches qui sillonnaient fréquemment les villes et villages en recherche de jeunes talents, lesquels étaient souvent enlevés à leur famille pour être formés, en échange d’une compensation conséquente, et de la gloire que représenterait l’enfant si, en supposant qu’il réussisse ces lourdes études, il devenait plus tard un de ces fonctionnaires hauts gradés des différents états. Dans le cas des Îles de Feu en revanche, il n’existe aucune Académie de magie, et pour cause, ce sont les régions voisines, généralement Kynikos, Cuvann Caram, deux îles au Sud-Ouest, ou encore Zlato et l’Eldstodland, deux régions continentales de l’Est, qui envoient leurs propres corps de recherches de jeunes talents, toujours dramatiquement peu nombreux, au point où la seule compatibilité peut parfois suffire, qu’ils emportent pour leurs propres académies. À la suite de traités parfois presque léonins en effet, ces nations ont gagné ce droit de recherche et d’enlèvement contre des sommes parfois dérisoires et un prestige tout bonnement négligeable, avec, selon les cas, un retour possible de l’étudiant après un service militaire souvent plus long de parfois une dizaine ou une vingtaine d’années après la formation, ou avant la fin du diplôme mais en très piteux état, s’il lui venait l’idée d’échouer (un sinistre sort qui attend généralement une bonne moitié des étudiants si ce n’est plus). Les familles ont ainsi l’habitude de cacher leurs jeunes enfants, tant bien que mal, de peur de se les voir enlever, mais les inspecteurs sont rusés, et la peur du châtiment qui pourrait être encouru est généralement dissuadant.

                      Lorsqu’un jour, des gens se mirent à s’écrier sur les navires, la ville était aux abois. Des inspecteurs arrivaient, on ne savait encore pas à quelle nation ils appartenaient, mais l’obligation d’annoncer leur arrivée avait permis à toute la flotte d’être au courant qu’ils allaient poser le pied sur les ponts et réclamer de voir les gamins. Les locaux ne manquèrent alors pas de se cacher comme ils pouvaient, malgré les conséquences auxquelles ils pouvaient s’exposer, et ainsi, très peu répondirent à l’appel pour la petite troupe, de Kynikos au vu des emblèmes portés, qui ne s’en étonnait guère. Il était cela dit toujours amusant de constater l’épaisse différence lorsque l’on cherchait dans l’archipel par rapport à leurs nations d’origine. Comme beaucoup d’enfants ce jour-là, Rell était enfermé dans une cale, quelque part, et attendait, vivant pour la première fois de lui-même ce jour où « tout le monde reste chez soi », lors duquel, plus petit encore, trop pour être testé, il se demandait souvent où partait tous les autres jeunes. Le confinement dura alors la journée, les inspecteurs s’étant attardés à obtenir autant de mandats que possible pour tenter de fouiller autant que se peut et éviter de rentrer les mains vides, mais en vain, et, s’ils emmenèrent une paire d’enfants malgré tout, ils étaient loin d’avoir trouvé un quelconque talent.

                      Le lendemain, le calme était retombé en premier lieu, de telle sorte à ce que la journée commence sans accroc. C’est en revanche en milieu d’après-midi que les crieurs se mirent à parcourir la ville-flotte, annonçant l’arrivée imminente d’un autre groupe d’inspecteur, si inattendue après la tension de la veille que bon nombre d’enfants parcouraient les navires à leur aise. Les plus grands, plus habitués, se mirent à attraper les plus jeunes pour les emmener se cacher avec eux, dès lors que les parents ne seraient peut-être pas assez rapides pour retrouver leur progéniture dans les temps et dans un esprit d’entraide. Rell était dans ce cas, isolé avec un certain Nelam, un jeune avec bien sept ans de plus que lui, qu’il accompagnait pour se promener pendant que leurs parents respectifs prenaient le thé ensemble. Le jeune homme réagit alors très vite en entendant les cris qui arpentaient la flotte, mais il était loin de se douter qu’il fût déjà bien tard et que les bruits des ateliers à proximité eussent couvert l’appel pendant un trop long moment. Il attrapa Rell et le tira pour l’emmener se cacher, le porta, même, mais il se heurta au groupe de recherche, et tous deux furent pris dans le peloton interrogé.

                      Pour l’un comme l’autre, c’était la première fois qu’ils devraient passer sous le regard des inspecteurs, des gens de Zlato cette fois-ci, qui n’avaient pas l’air de jouer dans la charité soit dit en passant, sinon, ils n’auraient pas eu à se cacher, s’ils savaient qu’ils n’avaient pas le potentiel recherché. Ils avaient alors là une petite dizaine d’enfants sous la main, et les passèrent sous l’œil d’une machine étrange, une sorte de réseau de capteurs complexes qui pouvaient détecter un certain magnétisme du corps avec le mana. Ils en retinrent d’abord quatre qui pourraient convenir, dont Nelam, mais les deux premiers n’ayant qu’un potentiel très faible, ils décidèrent de ne pas s’attarder avec eux. Lorsque ce fut le tour de Rell, il y avait là quelque chose de bien plus intéressant. Ce n’était certainement pas le rayonnement d’un sur des millions, mais c’était quelque chose de bien plus qu’un simple « compatible », le potentiel d’un talent véritable. Sous l’excitation, le dirigeant du corps de recherche ne prit même pas la peine de demander des mandats de fouille, et décida de se contenter des trois petits qui lui avaient tapé dans l’œil, à savoir Rell, Nelam, et une certaine Qiara. Il ne fut pas question alors de laisser aux familles le temps de grands adieux, et dans la soirée, ils étaient partis, laissant les parents dans un état que certains compareraient au deuil, avec pour seule consolation une poignée de crédits, Zlato n’étant pas réputé pour sa générosité, et quelques os cassés pour le père de Qiara qui tenta de s’opposer à l’enlèvement, bien en vain.

                      Zlato, c’était une toute autre chose que les Îles de Feu, et de loin. Située au cœur des Monts de Zapal, tenant leur nom de l’Ancien Royaume dont cette région était le cœur, la citadelle de Zlato est une immense place forte fréquemment baignée de neige et abritant l’Autorité Marchande de Zlato, qui est l’actuel gouvernement de cette région depuis que les vainqueurs de la Grande Guerre décidèrent de la libérer de leur emprise. Grâce à d’habiles jeux de commerce, à la position très avantageuse de ses cités sur la carte mondiale et à ses ressources souterraines, cette région est aujourd’hui une des grandes forces internationales, mais n’a rien repris des intentions belliqueuses du Royaume disparu dont elle descend. Maintenant le pied à terre, les étudiants venant de l’archipel trop lointain sont dans un tout autre paysage où le seul élément familier semble être la langue commune, et encore, celle-ci est hachée par les dialectes des locaux, et parfois d’autres étudiants étrangers.

                      Au début, ce fut intense et difficile pour les trois enfants qui passèrent beaucoup de temps ensemble, étant les seules silhouettes familières auxquelles ils pouvaient se rattacher, et il va sans dire que la séparation avec la flotte où ils étaient nés était un lourd poids sur leurs jeunes esprits, mais hélas, il fallait bien vivre avec, pas vrai ? Par l’effort des professeurs, et de certains camarades plus avenants, ils purent néanmoins s’ouvrir un peu plus aux autres, Nelam s’intégrant finalement d’abord très bien à ce nouveau décor, alors que Qiara et surtout Rell, plus jeunes et timides, peinaient à s’identifier aux autres, sans oublier les quelques brimades qui pouvaient survenir envers ceux qui venaient d’ailleurs. Somme toutes, les années passèrent, et l’intégration lente se fit. Le plus grand des trois, au potentiel moindre et qui fut recruté tardivement, finit par échouer et rentrer chez lui au bout de presque cinq années de labeur, malgré une bonne assimilation dans l’Académie, en piteux état autant physiquement que mentalement. La jeune fille, elle, finit par braver les murs culturels avec le temps qui passait et s’immerger dans ce nouveau monde que Zlato représentait alors pour elle, au point où l’on pouvait se demander si elle n’en avait pas oublié les îles. Rell, quant à lui, était moins perméable, entretenait toujours une nostalgie vivace et restait souvent sur la défensive face aux autres. Il avait vaincu l’isolement dans lequel il aurait pu se plonger lui-même, mais pour autant gardait un certain recul envers ceux qu’il n’arrivait définitivement pas à voir comme les siens, même après le temps passé.

                      En moyenne, le cursus académique s’étend sur dix années complètes (et sans vacances, bien sûr…), mais il est de plus en plus fréquent pour les professeurs de pousser leurs élèves à effectuer les dernières années un peu plus sur le terrain, quelquefois comme un petit stage, quelquefois presque en alternance. Ainsi, si Rell passa les quelques huit premières années de ces études à la manière « classique », soit selon la forme stricte des cours quotidien à l’image d’une école militaire comme nul n’aurait peine à l’imaginer, il lui fut ensuite proposer de prendre du service aux côtés d’un autre utilisateur de magie ayant complété sa formation pour apprendre de manière plus pratique. Ce n’était pas une décision simple en soi, puisqu’on ne pouvait pas vraiment revenir en arrière sur cette dernière, mais le jeune homme alors âgé de près de dix-huit ans était bien las de se tartiner de la théorie à longueur de journée, généralement enfermé dans de grandes salles à prendre des notes frénétiquement, expérimentant que trop rarement au goût d’un garçon de son âge, s’ennuyant et s’ennuyant de cette situation qui durait depuis des années.

                      Cette année, il fit alors la rencontre de Maro, âgé de quelque cinq ans de plus, il était fraîchement diplômé et disposé à prendre un apprenti pour lui montrer un peu de ce qu’on lui avait montré à lui, tout juste quelques années plus tôt. Les premiers jours étaient très calmes alors, l’Académie ayant fait bonne grâce à ses étudiants prenant le programme de travail accompagné en leur laissant une petite semaine de répit pour souffler et faire connaissance. Rell apprit alors que son « mentor » était aussi de ces gens que l’on avait enlevé à leur foyer lointain, un étranger du Kamenogan, une région montagneuse située plus à l’Ouest. Comme lui, il avait été longtemps très réticent à l’intégration, un point commun qui facilitait grandement la compréhension entre les deux, au point où, en étonnement peu de temps, une sorte de relation fraternelle commençait à naître.

                      L’Autorité Marchande de Zlato n’est pas qu’un simple gouvernement de commerces et banques, puisqu’elle dispose finalement de ses forces armées, dont une cellule de police, mais aussi d’une Académie, dont elle fait grand usage dans ses corps militaires, à l’image des autres grandes nations. C’est tout justement au sein de cette police que Maro occupe un poste d’enquêteur, ses qualifications d’érudit diplômé à l’usage de la magie lui donnant naturellement un atout de choix par rapport aux collègues profanes. Le jeune étudiant à sa charge étant encore en manque sérieux de qualification et d’expérience, il était alors tout naturel qu’en sa présence, les affaires les plus lugubres et douteuses était mises de côté, dans une démarche visant à limiter les « accidents du travail », mais il put avoir un avant-goût de ce que la vie citoyenne cachait de pire, entre les trafics et la violence de la pègre, mais aussi les abus de pouvoirs pratiqués par le gouvernement, et, en l’occurrence, véhiculé par les agents. Les premiers mois étaient éprouvants, psychologiquement parlant, mais l’expérience était indéniablement bonne à prendre considérant le futur qui s’ouvrait lentement à Rell.

                      Ces deux dernières années passèrent comme des flèches, l’aspect pratique plus présent permettant à l’étudiant de souffler par rapport à la théorie qu’il voyait essentiellement comme lourde, voire oppressante. C’est comme si les huit années qui précédèrent avaient été faites en suspens, tant l’expérience du terrain lui avaient permis de s’ouvrir un peu plus, d’abord à son mentor, mais ensuite à ses confrères et à l’Académie et ses mœurs. Il n’était pas encore au point d’y voir une toute nouvelle famille, certes, mais il se sentait un peu plus proche de ceux d’ici, et, quelque part, un peu moins de ceux qu’il avait connu… Avant. Sa vie d’enfant semblait lointaine, des souvenirs flous qui s’effaçaient parfois, et il lui arriver à craindre qu’il ne finisse par n’en tenir aucun héritage. Et alors, qu’en serait-il après tout ça, pourrait-il retourner aux îles qu’il avait quitté ? N’était-il pas en train de les abandonner en les oubliant de la sorte ? Mais n’était-il pas naturel, nécessaire, pour lui de passer à autre chose ? De toute manière, son « contrat » l’obligerait pour encore bien des années…

                      Après ces si longues études venait enfin l’heure de l’examen final, à l’issue duquel un diplôme serait, ou non, remis à l’élève, mais celui-ci n’était alors qu’une formalité, puisqu’en soit, les « mauvaises graines » étaient principalement éliminées tout le long de ces dix années. En somme, Rell passa donc quelques tests théoriques auxquels sa performance fut jugée quelque peu médiocre, mais satisfaisante à l’échelle de la moyenne académique, puis quelques exercices pratiques plus concluant, et enfin, les tests mécaniques à partir d’appareils à résonnance en mana plus poussés et éprouvants, mais bien loin d’être insurmontable s’ils étaient simplement fatigants. Pour l’image, un diplôme sous format papier signé par le doyen lui fut remis, mais c’était un torchon sans importance, puisque la véritable marque de ce titre était les signes gravés sur son avant-bras droit et le dossier conservé par l’Académie elle-même. De fait, il lui suffisait de remonter sa manche pour prouver ses droits d’utilisateurs de magie, la quasi-totalité des nations en interdisant l’usage pour ceux qui n’auraient pas suivi le cursus, et, en cas de doute, les autorités compétentes pourraient toujours contacter l’établissement selon un processus assez rapide depuis la mise en place de réseaux de communications instantanés dans toutes les villes.

                      Initialement, Rell était supposé rejoindre les forces de police, suivant ce qu’il avait entamé aux côtés de son mentor, un peu plus en profondeur seulement, mais les récents évènements en décidèrent autrement. Au cœur de la région directement voisine à l’Ouest, Mrak-Zelen, la situation commençait à sérieusement se gâter. Il n’était un secret pour personne que l’abandon aux peuples locaux de ces terres par les vainqueurs de la Grande Guerre avait donné le champ libre aux clans barbares et farouches qui n’y étaient que difficilement contenus par Zapal, le tout virant à l’anarchie totale en un climat d’escarmouches constantes et de violence gratuite. Seulement, si une chose égalait leurs coutumes belliqueuses, c’était sans aucun doute leur résilience hors norme, et leur fâcheuse tendance à procréer toujours plus. Entre surpopulation et terres brûlées, la région peinait de plus en plus à contenir ses occupants, qui débordaient sur les frontières alors que les autres nations, d’abord décidées à jouer les spectateurs, étaient victimes de raids et pillages de plus en plus fréquent, le danger virant à la hausse à mesure que les barbares comblaient leurs lacunes scientifiques en s’emparant des armes de ceux qui avaient alors négligé leur existence.

                      Mais il n’était alors pas question de politiques d’intervention, le gouvernement ayant décrété, selon des traités et des volontés bien obscures aux yeux des agents de terrain comme Rell, qu’il était inutile d’entrer dans la guerre, et que la seule priorité serait de contenir la menace sans la frapper. Aussi, l’ordre de mobilisation restait presque secret pour le peuple, passant sous un simple et limité passage à l’acte avec pour seul effet une redirection des effectifs vers l’Ouest, de quoi apaiser l’opinion publique, mais en gardant un esprit de réaction légère. Le jeune diplômé fut donc de la partie, envoyé à la frontière pour y être posté dans un des corps de garde. En essence, il n’y avait pas grand-chose à faire, les journées passant avec beaucoup de patrouilles et d’entretien des infrastructures sans réel conflit, avec de simples petites razzias à repousser de temps à autre. À la saison chaude, les attaques s’intensifiaient, mais la position avantageuse des défenseurs, plus en amont, rendait assez inutiles ces manœuvres qui, à la saison froide, cessaient pratiquement. Cela dura alors un peu plus de deux ans et demi, durant lesquels une routine s’était installée et où, progressivement, les éléments les plus précieux, soit souvent les utilisateurs plus expérimentés, étaient repris par la capitale pour des affaires plus importantes, alors que les plus « bleus », restaient un peu plus longtemps sur place. Au début, il y eu quelques pertes et blessures, rien d’affolant, et puis, lassés de se heurter aux solides murs et monts vers Zlato, les clans sauvages se mirent à déferler davantage vers le Sud, le Nord, et les littoraux de l’Ouest.

                      La situation revenue à son calme initial, tous ceux qui furent déportés sous cette « urgence », furent ramenés à l’Académie pour leur affectation prévue de base, Rell allant donc pour retourner chez les enquêteurs. C’était aussi l’occasion de reprendre des nouvelles du reste du monde pour les petits soldats qui avaient passé tout ce temps coupé de la vie civile habituelle. Certains passaient voir famille, amis, prenaient un peu de temps pour eux avant de retourner au labeur, tandis que Rell, lui, n’avait que peu de contacts à reprendre. La transition était alors presque instantanée, puisqu’en somme, il retrouverait Maro et ses anciens collègues directement en reprenant son statut d’agent, mais c’était sans compter les tragiques évènements qui frappèrent le commissariat il y a tout juste quelques semaines. Une petite troupe armée, encore non identifiée, s’était infiltrée dans le bâtiment, d’abord faisant profil bas, avant d’adopter une attitude bien plus violente dès que les soupçons s’éveillèrent. Des armes à feu et explosifs retentirent, certains survivants dirent même avoir vu crépiter de la magie du côté des assaillants, et ce fut une boucherie. L’endroit avait été mis à sac et, si les recherches étaient encore en cours, il était encore incertain si leur but était la destruction d’autant de dossiers, des locaux, ou le meurtre, peut-être même un peu tout à la fois. Plusieurs inspecteurs périrent alors dans l’action, d’autres furent hospitalisés, dont un bon nombre qui ne survécut pas à leurs blessures. Maro faisait partie des seconds, de lourds dommages internes ayant finalement raison de lui dans les neuf jours qui suivirent.

                      C’était un drame, à n’en point douter, mais, si la douleur d’une perte était vive, il était maintenant plus que nécessaire de garder son calme pour aller de l’avant. Rell vivait un lourd deuil, et un certain poids sur la conscience pour son absence, quand bien même eut-elle été forcée, mais il était tout aussi conscient qu’un tel assaut n’avait rien d’anodin. L’armement utilisé ne ressemblait en rien à ce que de simples civils auraient pu employer, et la présence d’utilisateurs de magie ne facilitait pas les choses. Sachant alors que la troupe eut pris la fuite avant qu’une réponse adéquate des forces de l’ordre puisse être initiée, ces derniers avaient pris le soin de ne laisser aucun des leurs sur place, et le fait que les bureaux soient sous les débris n’aidait vraiment pas à trouver des pistes. Était-ce une attaque d’une autre nation ? Un mouvement terroriste ? Des mercenaires ?

                      Le temps passait, lentement, mais la plupart des idées n’étaient que des culs-de-sac. Tout tournait en rond, tant de fil en aiguille les implications se dispersaient, et les affaires quotidiennes empêchaient définitivement les enquêteurs de se concentrer sur un seul dossier aussi complexe. La haute hiérarchie semblait même d’avis pour oublier et classer l’attaque, prétextant toutes les raisons, manques de moyens, de temps, autres urgences… Autant dire que Rell et la poignée de survivants de cette hécatombe étaient loin de s’en satisfaire. Le pire, alors, vint lorsque certains d’entre eux se mirent à recevoir des menaces, mais pas des courriers anonymes, plutôt des rappels à l’ordre de supérieurs lointains. Au bout de plusieurs avertissements autoritaires, de preuves disparues et de pistes sabotées ou infructueuses, il était certain que l’affaire avait ses racines au cœur du métier, mais en parallèle, il semblait toujours plus improbable de faire la lumière. Officiellement, la version de l’attaque terroriste non identifiée fut retenue, et, un à un, les collègues passèrent leurs protestations sous silence, contraints d’abandonner de peur pour eux-mêmes, ou leurs familles.

                      Rell avait tout juste passé la barre des vingt-cinq années. Rétrospectivement, il avait été enlevé aux siens dans son enfance, passé une longue, trop peut-être, partie de sa vie sur un banc d’étude, s’est plongé dans les affaires de la police, avant d’être envoyé surveiller un front incertain, avant de revenir pour tomber plus bas encore dans les ombres de l’humanité urbaine. Il avait fait son deuil avec le temps, visitant parfois la petite tombe de celui qui fut son mentor, ami, et, quelque part, une figure de grand frère, mais il avait toujours cette frustration qui lui collait à la peau, d’être incapable de mettre la main sur ce qui s’était produit. Il avait cette certitude qu’il s’agissait d’agissements mêlant de grands dignitaires, tant ils étaient couverts par les supérieurs, mais toute tentative était vouée à l’échec et, à chaque fois qu’il s’en approchait, la solution disparaissait et le forçait à redoubler de prudence. Puis en l’an 1131, alors qu’il pataugeait toujours sur cette affaire devenue bien trop personnelle entre les dossiers plus communs, tout bascula. Plus rien n’aurait alors d’importance.

                      C’était un jour comme les autres d’abord, Rell était au bureau entouré de ses collègues, pour la plupart des nouveaux venus depuis que les effectifs furent forcés au renouvellement, d’une manière ou d’une autre. Une journée des plus banale, sans aucun rebondissement, jusqu’à ce que le soir, retournant à ses appartements de fonction, constitués de deux petites pièces simples et serrées en milieu de zone urbaine, l’agent leva les yeux au ciel pour constater que le Soleil n’avait pas bougé depuis midi. L’étrange phénomène lui fit pratiquement tout oublier, comment ne l’avait-il pas remarqué avant ? C’était absurde, tout bonnement absurde. Il passa de longs instants à réfléchir, avant de rejoindre sa chambre, la tête emplie d’énigmes. Cette nuit-là, une nuit sans lune, il eut un mal fou à trouver le sommeil, se rendant compte à chaque fois qu’il se réveillait en sueur, l’astre était toujours là, inchangé. Et le lendemain, le sujet était sur toutes les lèvres. Cela dura en tout quatre jours, au cours desquels chaque nation se mit à se secouer, incapable de comprendre, jusqu’à cette nuit où, en l’espace d’une petite vingtaine de minute, le Soleil reprit et finit sa course pour laisser place à la Lune, qui répéta chaque jour un même cycle sans que jamais l’on ne puisse revoir son frère.

                      Les légendes nommaient les astres Candran et Suryan, le premier pour la Lune, et le second pour le Soleil. Idéalement, c’étaient ces entités cosmiques qui, en rêvant, auraient créé le monde avant de se partager le cycle qui le ferait vivre, mais maintenant… Les versions se contredisent alors, incapables de dire si Suryan était malade, si Candran avait fini par le dévorer, ou autre chose encore, mais le fait est que dorénavant, la Lune seul ferait le cycle du jour et de la nuit, émettant un faux rayonnement de Soleil pour éclairer le monde pendant la première partie, avant de laisser les ténèbres dominer la seconde. Des rayons plus froids, certes, mais une lumière malgré tout.

                      Si le mana a toujours été un phénomène complexe aux propriétés estimées presque infinies et relève une multitude de questions, les érudits ont au moins fini par se fixer sur son origine. Dans les faits, le mana est émis durant le jour directement par les rayons du Soleil, et se disperse alors dans le monde. En raison de sa nature instable et volatile, il met ensuite une petite vingtaine d’heure à disparaître, mais, habituellement, est alors rechargé par l’astre solaire durant la journée qui suit, et est finalement présent de manière constante. Or, avec la disparition de celui-ci, il suffit d’un « jour » de plus pour que le monde soit vidé de son mana, et que les utilisateurs, comme Rell, perdent leur différence avec le commun des mortels. Ici, des lecteurs attentifs pourraient alors penser que le Sel, stockant le mana, pourrait permettre de le relâcher ? Mais ce n’est pas aussi simple, puisque le mécanisme physique suivi par le Sel pour cette réaction ne conserve pas le mana, mais plutôt, le transforme en une sorte d’électricité, d’où l’idée de « piles » et « batteries », et donc, impossible actuellement de le récupérer pour la magie. Les recherches perdurent alors.

                      Parlant du Sel, justement, si l’on se rappelle l’origine de l’énergie qu’il dégage, on voit sûrement très bien où tout converge. Ce qui était donc une ressource capitale est alors en l’espace d’une semaine devenu un poids technologique. L’industrialisation massive suivant celle-ci comme seul vecteur laissa alors les nations avec une myriade d’infrastructures nécessitant un même élément pour fonctionner, lequel, bien entendu, approchera dramatiquement de la pénurie. Très vite, alors, les gouvernements lancèrent des politiques de rationalisation, cessèrent l’utilisation des machines les plus gourmandes, et pour ceux qui en avaient les moyens, s’aventurèrent plus en profondeur dans les mers et océans dans l’espoir de trouver des gisements chargés et exploitables. Bien sûr, les scientifiques travaillaient d’arrache-pied à la reconversion, mais après un tel essor axé sur une unique ressource que l’on pensait incapable de cesser, difficile de tout changer en un rien de temps. S’ensuit alors une crise économique et technologique sans pareil, une descente qui, encore aujourd’hui, poursuit sa course.

                      Si la crise des technologies vint progressivement en quelques mois avant de faire l’effet aussi dramatique qu’on lui reconnaît à présent, l’impact ressenti par les utilisateurs de magie, lui, a été bien plus brusque. En effet, les Académies vouées à la formation à la magie avaient perdu tout de leur intérêt du jour au lendemain, ainsi, si les premiers jours laissaient paraître un semblant d’espoir, les nations eurent vite fait de couper les allocations publiques confiées à ces établissements dès lors que leur inutilité fut plus certaine. De fait, les plus petites, rapidement à cours de moyen, fermèrent leurs portes en un rien de temps, tandis que les plus grandes tentaient parfois de survivre comme elles pouvaient avec les ressources à disposition, souvent sous l’impulsion d’un ou plusieurs doyens incapables d’accepter la réalité. Effectifs coupés au hachoir, étudiants renvoyés en masse, infrastructures désertées, il va sans dire qu’elles perdaient là beaucoup de leur splendeur. Et leur vocation alors ? Chercher le Soleil. Aussi absurde que cela puisse paraître, elles se vouaient à rechercher l’astre perdu, tentant n’importe quelle piste sans écarter les plus étranges et farfelues, mais était-ce seulement possible ? Quand bien même, le moindre pas pour retrouver la magie serait un bond en avant.

                      Et les utilisateurs de magie eux-mêmes, dans tout cela ? Pour ceux qui n’avaient pas fini leur formation, l’écrasante majorité renonça et chercha une reconversion, après tous les autres domaines d’éruditions vus en études permettaient de ne pas avoir totalement perdu tout leur temps. Ceux exerçant un métier qui nécessitait leurs pouvoirs durent renoncer, de même, et se reconvertir, lorsqu’ils pouvaient encore vaincre la dépression d’avoir tout perdu de la sorte, ou parfois revenaient vers ce qui restait des Académies, pensant, eux aussi, chercher un Soleil. Rell, lui, était d’une dernière catégorie, occupant un poste où ses dons lui donnaient un avantage de choix, mais où d’autres peuvent bien briller sans ce recours. Dans ce cas-là, il fallait prouver une certaine utilité malgré la perte pour rester, et si, comme ce fut le cas du jeune homme, il était possible de se rattraper au début en renonçant à quelques primes, l’Etat qui se voyait contraint par la crise de revoir ses dépenses finissait tôt ou tard par sauter sur l’occasion et user de l’argument pour « saluer ses employés ».

                      Sans magie, sans emploi, sans statut. Rell n’avait plus rien, mais au lieu de tout perdre en une semaine, ce fut en trois mois. Et Maro alors ? Il fallait bien renoncer, il n’avait plus aucun moyen de chercher à rendre justice, comme quoi, le « bien » ne l’emporte pas toujours, si l’on put dire. Retourner à l’Académie ? Qui sait combien de temps les Chercheurs de Soleil pourrait s’entêter, et combien de temps leurs moyens sauraient durer de toute manière. Plutôt que de s’accrocher à un si maigre espoir, autant éviter la chute et cesser de se voiler la face. Usant du peu qui lui restait, il décida alors d’enfin effectuer le voyage du retour vers les Îles de Feu, mais s’en souvient-il encore ? En fait, il ne saurait peut-être même pas reconnaître ses propres parents s’il les voyait, mais au moins, il pouvait toujours rechercher leurs noms.

                      La position de son père lui facilita la tâche, finalement, mais les retrouvailles ne furent pas aussi chaleureuses qu’ils auraient pu l’espérer. La famille était reconstituée, mais tant de temps s’était écouler sans qu’ils ne puissent se retrouver ni même ne furent autorisé à communiquer par correspondance, au point où c’était comme se rencontrer pour la première fois. Mais au fond, malgré tout, c’était bon, quelque part, de revenir à ses racines. L’air marin, les maisons sur les navires, les oiseaux, le vent, tout était si différent de la montagne, et puis, au point où il en était, il trouvait que la nostalgie était un bon remède face à la mélancolie. Alors, avec un peu d’aide de ses pairs qu’il apprenait à reconnaître et connaître à nouveau, il pourrait sûrement prendre un nouveau départ, ne pas se laisser sombrer comme beaucoup d’autres comme lui le faisaient partout dans le monde.

                      Le malheur ne vient jamais seul, et une nouvelle lueur sombre, une sorte de vent mauvais, se levait aux quatre coins du continent et des îles qui l’entouraient. La magie se réveillait, par endroits, mais elle semblait différente. Elle était plus faible, plus froide, comme les rayons de la Lune comparés à ceux du Soleil, et pour cause, c’était l’astre de la nuit lui-même qui semblait rendre à ces terres une sorte de faux mana. C’était étrange, inespéré, et beaucoup mordirent à l’hameçon en se lançant à la conquête de cette énergie de remplacement, hurlant que la magie était de retour, avant que ses effets retors ne fassent surface. C’est ce que, plus tard, l’on nommera « Décadence ». Les premiers symptômes furent observés lorsque les plus impatients qui se revoyaient déjà déborder de puissance se mirent à muter. L’esprit s’érodait, devenait plus instable, féroce, bestial, et le corps, comme puisant de sombres cauchemars, prenait des formes et couleurs que la réalité ne saurait définir. Plus ils recouraient à ce faux mana, plus la malédiction les prenait, changeant une part de ces adeptes de la magie trop imprudents en des monstres indéfinissables. C’étaient là les premières apparitions de ce que seront les Nocturnes.

                      Certains étaient, à raison, restés sceptiques face à cet engouement, d’autres ne l’apprirent que plus tard, lorsque les conséquences de ce dernier faisaient déjà surface, de telle sorte à ce que, par un « heureux » hasard dans la catastrophe, tous les anciens académistes n’eurent le temps de se jeter sur l’aubaine pour s’en retrouver changés en monstres. Les réactions furent alors une série d’explosions en chaîne, avec d’une part une mobilisation ferme des corps d’armée face au problème, une opinion publique plus hargneuse vis-à-vis de ceux qui pourraient potentiellement suivre l’exemple des premiers Nocturnes, et la seconde forme de la Décadence qui, contagieuse, se mit à prendre les terres, la faune, la flore, devenant lentement une épidémie qui ne présageait que la ruine pour le futur des nations, les optimistes pouvant alors dire qu’au moins, cela serait probablement la fin de toutes les guerres entre les peuples.

                      Rell faisait partie de la seconde catégorie de ceux qui ne se plongèrent pas dans le faux mana. Sur les Îles, il avait pu trouver un emploi à la milice municipale, une sorte de poste qui alternait entre soldat et policier, voir marin lorsque les conditions le nécessitaient, une occupation qu’il pouvait assurer sans trop de difficultés de part ses circonstances passées. Le premier Nocturne qu’il rencontra alors aurait été un autre utilisateur rentré d’une Académie lointaine. Celui-ci aurait entendu vent des nouvelles sur un retour de la magie et, après recherches, aurait compris comment en appeler au faux mana, mais hélas, ne se doutait pas du revers de bâton. Une fois son horrible malédiction bien amorcée, ses instincts inhumains prirent le dessus et le menèrent à tuer, jusqu’à ce que la milice, croyant avoir affaire à une bête sauvage, échappée d’un navire de transport de créatures exotiques sans doute, ne mette la main sur lui et, après de lourdes pertes, purent en avoir raison. Toutefois, dans une communauté aussi serrée qu’une flotte des Îles de Feu, les nouvelles allaient vite. En peu de temps, Rell s’était exposé aux regards de part son passif à Zlato, principalement de peur et méfiance, puis, lentement, de mépris, de suspicion. Le calme auquel il aspirait et qu’il pensait pouvoir retrouver s’était rapidement dissipé, et il allait, une fois de plus, devoir faire un choix.

                      Encore peu de temps après l’affaire du Nocturne, la flotte eut la visite d’une troupe de chercheurs, ce que l’on appelait même « Chercheurs de Soleil », non sans une pointe d’amusement et de dérision. Insistants, déterminés, ils estimaient que toute piste était bonne à prendre, et cherchaient des témoignages, des éléments de preuves, tout ce qui pourrait aider en rapport avec le monstre car, qui sait, peut-être y a-t-il malgré tout une part de réponse derrière la déception du faux mana et de la Décadence. Ils furent alors très vite confrontés à Rell, qui occupait encore son poste, à défaut d’être parvenu à une décision à ce stade. D’abord, ils posaient beaucoup de questions, voulaient voir les lieux, le corps, tout ce qu’on pouvait leur autoriser d’une manière ou d’une autre, puis, comme le grabuge finit par s’étendre sur plusieurs jours, ils en finirent par parler un peu de leurs histoires respectives. De fil en aiguille, ils en vinrent à parler du jeune homme, ses motivations, notamment, et, face à ces changements passés et à venir, ils finirent par lui faire une proposition de les rejoindre.

                      Revint encore cette question… Pourquoi ne pas les suivre finalement ? C’était toujours la même chose en soi, à quelques mois de différences, les Académies, au fond du gouffre, cherchaient une chimère pour s’accrocher autant que se peut à une finalité absurde, et survivre. Vivre, survivre, Rell ne voyait aucun charme à une continuité de la sorte juste pour le besoin d’exister. Ils n’avaient plus d’objectif réel, ils n’avaient plus de raison, ils n’avaient plus rien, et pourtant. Pourtant, ils se rattachaient à une lueur, faible, lointaine, un rêve peut-être même ? Existe-t-elle ? Dès le début, il a choisi d’assumer que non, mais à présent, la moindre voie de sortie semble se retourner, ou, pire parfois, vide de sens. Lui qui était un de ces talents, comment pouvait-il vivre en simple marin ? Était-ce à ce point moins surréaliste pour quelqu’un qui, jadis, était apte à la magie, de vivre de banalité au lieu de chercher un Soleil ? Après tout, ce n’était peut-être pas si absurde, ou du moins, c’était la conclusion qu’il avait aperçu après tout ce temps à cogiter, sans doute un peu influencée par ceux et celles qui tentaient de retrouver en lui un confrère.

                      Une fois de plus, il fit ses aurevoirs à sa famille à peine retrouver, sans doute pour le mieux se disait-il, mais avec la promesse de maintenir le contact, même si ce ne serait qu’une lettre par mois ou par saison, juste de quoi rappeler qu’il existe alors. Sa destination, cette fois-ci, ce fut Cuvann Caram, une autre île volcanique plus au Sud-ouest, similaire, mais où les locaux bâtirent des villes sédentaires sur l’eau ou sur les hauteurs où les volcans semblent éteints ou sommeillant. L’Académie qui, jadis, siégeait dans la région, occultait celles de toutes les îles avoisinantes, pour peu que celles-ci en possédaient une aussi, mais aujourd’hui, elle n’est même plus l’ombre de sa propre image passée. Vivant sur les moyens en chute libre de ses doyens et membres, elle tend à se lancer sur des travaux rémunérés, notamment en matière de sciences, où ses études lui permettaient de rivaliser avec certaines écoles d’érudits, puis, accessoirement, en matière de Nocturne, selon une affinité logique des étudiants de la magie avec ces monstres.

                      Les premiers temps furent difficiles, de sorte que les deux années suivant directement ce que l’on nomma « Extinction » furent pour ceux qui restaient de l’Académie une affaire de survie avant toute autre chose. Les ressources des doyens chutant toujours davantage, aucun gâchis n’était envisageable, et il fut toujours plus question de vendre ou recycler du matériel, d’abandonner des bâtiments et projets, de réduire les rations, la consommation, en multipliant les interventions auprès de la nation et des entreprises en quête de rémunération. Certains membres se virent alors affubler de rôles de mécaniciens, d’enquêteurs ou de chasseurs de Nocturne comme activité accessoire qui leur demandait toujours plus de temps afin de récolter des fonds toujours plus nécessaires au maintien de la communauté qui perdait progressivement des membres à mesure que la flamme de l’espoir faiblissait. C’est lorsque les braises semblaient refroidir, qu’une lueur se fit voir, faible, vacillante, mais une lumière malgré tout.

                      C’était il y a un an, soit après ces deux années complètes de déchéance, que des techniques complexes permirent de raffiner davantage le Sel pour créer une poudre toujours plus fine et volatile, laquelle, lorsque dispersée dans l’air, se dissipe en créant un rayonnement tout particulier, semblable à du mana, mais dans une forme impure. Ce mana artificiel produisait des effets bien plus faibles, avec des risques non-négligeables pour la santé de l’utilisateur, mais il permettait à ceux qui avaient vu la flamme s’éteindre de retrouver un nouvel espoir. Si le procédé nécessité le Sel, ressource en pénurie dont la crise ne faisait que s’accentuait, la magie produite en retour était pour le peu d’académiste qui persistait dans leur quête de ce qui était perdu une bouffée de chaleur, un renouveau. Avec cette fraction, aussi infime soit-elle, de pouvoir retrouvé, les Chercheurs de Soleil regagnait un peu de pouvoir, pouvaient désormais montrer à nouveau leur existence, et se voyait se relever, lentement, après leur chute. La découverte alors n’avait pas le poids nécessaire pour séduire les nations, mais elle était le premier pas que ceux comme Rell attendaient.

                      La dernière année passa. Grâce à la faible magie retrouvée, les Chercheurs purent stabiliser leur situation malgré la crise, et les projets de retour comme les fouilles en quête de nouvelles pistes reprirent de plus belle, autant dire qu’il n’y avait pas l’occasion de s’ennuyer ou de s’apitoyer. La moindre chimère serait alors étudiée par ceux qui ne voulaient sous aucun prétexte laisser passer l’ombre d’une possible solution, même minuscule. Dans les ténèbres de la nuit éternelle laissée par la disparition du Soleil, une lueur venait de renaître, mais, si les Chercheurs refaisaient leur apparition, l’un d’entre eux tout particulièrement, Rell, se volatilisa sans un mot. C’était aussi soudain que lorsque l’astre bien connu avait quitté le ciel, pas un bruit, pas une lumière, et en fin de nuit, c’est comme s’il avait cessé d’exister en ce monde. La faute à un étrange cristal qu’il avait ramassé sans y penser dirait-on, mais personne là d’où il venait ne l’aurait jamais su.


                      Le Jour et la Nuit Ref111
                      vava
                      The Birther
                      groupe
                      Bonjour et bienvenue !

                      Nous lirons ta fiche dans les plus bref délais Wink

                      Il semble aussi que le surcharge rencontre une léger problème, surement à cause du BBcode ; notre codeur règle le soucis !


                      Edit de Nashar : Done o/


                      En attendant, tu peux participer aux jeux du forum, ou venir nous faire un petit coucou sur le discord Wink

                      A plus tard pour ta validation !
                      vava
                      The Birther
                      groupe
                      Rebonjour et rebienvenue !

                      Te voilà validé chez les Jewelers !

                      Ton histoire (qui m'a pris plus d'une trentaine de minute de lecture, mais qui en valait le coup !) nous plonge parfaitement dans l'univers riche de ton personnage. Je n'ai relevé aucune faute, hormis quelques tournures inhabituelles (mais pas dérangeantes). Ton style d'écriture est fluide et agréable et c'est avec grand plaisir que nous le te validons !

                      Bon RP à toi, et n'oublie pas mettre le lien de ta présentation dans ton profil, pour que tes futures partenaires puissent y avoir facilement accès ~

                      Le Jour et la Nuit Giphy

                      vava
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